La maison de prêt‑à‑porter parisienne Manoush a annoncé début avril la fin définitive de son activité après vingt‑trois ans. Cette décision, passée relativement inaperçue dans les grands titres, pose une question simple : que devient un style lorsque la marque qui l’a incarné disparaît ?
Manoush a confirmé la nouvelle via le compte Instagram de sa fondatrice, qui a remercié clientes et équipes pour ces deux décennies d’aventure. Dans une courte vidéo, la créatrice a évoqué sa « gratitude » envers celles et ceux qui ont porté et fait vivre la marque, sans détailler de plan de reprise. L’annonce est sobre — à l’image d’une fermeture qui se joue loin des grandes déclarations médiatiques.
Le coup de frein économique
Selon Fashion Network, la maison n’a pas été vendue et n’a pas non plus engagé de procédure collective : c’est une érosion du chiffre d’affaires qui aurait précipité la décision. Les comptes montrent une baisse importante, passant d’environ 5,5 millions d’euros sur l’exercice 2022‑2023 à près de 2,4 millions sur 2024‑2025.
Pour une partie des clientes, l’annonce est tombée en même temps que la mise en vente des stocks à -80 % : certaines ont appris la fin de l’histoire en découvrant des prix bradés, d’autres — moins connectées — n’ont rien su avant la fermeture effective des boutiques.
Une esthétique singulière, ancrée dans les voyages
Née au début des années 2000, la griffe s’est bâtie autour d’un univers bohème et coloré, nourri des voyages de sa créatrice au Maroc, en Inde et au Moyen‑Orient. Broderies délicates, sequins, motifs éclatants et volumes festifs formaient le vocabulaire stylistique de la maison, reconnaissable au premier coup d’œil.
La visibilité télévisée a aussi contribué à forger sa légende : une apparition d’une candidate en robe rose bonbon sur le plateau de The Voice a, au fil des années, été souvent citée comme l’un des moments‑phares qui ont fait connaître l’esprit exubérant de la marque au grand public.
Plusieurs personnalités françaises et internationales ont adopté ses pièces, de Vanessa Paradis à Clara Luciani, en passant par Frédérique Bel ou des stars étrangères, faisant de Manoush une adresse récurrente des dressings iconiques.
Ce qu’il faut retenir
- Fondation : début des années 2000.
- Style : bohème chic, broderies, sequins, couleurs vives.
- Annonce : publiée par la fondatrice sur Instagram.
- Raisons : forte baisse du chiffre d’affaires (≈ 5,5 M€ → 2,4 M€ selon Fashion Network).
- Conséquence immédiate : liquidation des stocks, soldes jusqu’à -80 % pour écouler les invendus.
- Héritage : pièces susceptibles de devenir recherchées sur le marché de l’occasion.
Sur le terrain, la fermeture implique la disparition progressive des points de vente et une incertitude pour les collaborateurs. Côté consommateur, certains modèles phares risquent de voir leur valeur augmenter chez les revendeurs et sur les plateformes de seconde main, tandis que l’influence visuelle de la marque continuera d’alimenter les tendances saisonnières.
Au‑delà de la décision administrative, c’est une esthétique ludique et vitaminée qui laisse son empreinte — non seulement dans les garde‑robes, mais aussi dans la mémoire collective de la mode parisienne. Les créations de la maison, déjà présentes dans de nombreux dressings de célébrités, pourraient bien poursuivre leur vie en dehors des rayons, sur les forums, dans les ventes vintage et dans les réinterprétations des créateurs contemporains.
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