Malgré un horizon économique incertain, l’orientation vers une finance plus durable se confirme en France : les encours d’investissement responsable progressent encore en 2025, selon le dernier panorama de l’Association française de la gestion financière (AFG). Ce mouvement, porté par des contraintes réglementaires et des choix d’allocation institutionnels, a des conséquences concrètes pour épargnants et acteurs financiers.
Un rythme de croissance qui marque le pas
Les actifs gérés selon des critères ESG en France atteignent désormais 2 971 milliards d’euros. La hausse observée sur l’année est de 4,8 %, une progression nette mais moins soutenue que les années précédentes (notamment +15 % en 2024). Les experts de l’AFG soulignent que cette décélération s’explique principalement par des conditions de marché moins favorables et un effet de base après une année particulièrement dynamique.
Autre enseignement : la consolidation d’un marché où les grandes poches de capitaux commandent l’évolution. L’élan est réel, mais il se heurte maintenant aux fluctuations macroéconomiques.
Qui détient ces actifs ?
La majorité des encours responsables reste détenue par des acteurs institutionnels. Les sociétés d’assurance, fonds de pension et autres investisseurs professionnels représentent une large part des sommes engagées, contre une part moindre pour la clientèle de détail. Ce déséquilibre structurel influence la nature des produits proposés et les priorités des gestionnaires.
| Indicateur | Valeur |
|---|---|
| Encours d’investissement responsable | 2 971 milliards d’euros |
| Variation annuelle (2025 vs 2024) | +4,8 % |
| Variation (2024) | +15 % |
| Part des investisseurs institutionnels | 73 % |
| Encours couverts par le cadre SFDR | 59 % |
Le rôle croissant du cadre européen
Le règlement européen sur la publication d’informations en matière de durabilité, connu sous le sigle SFDR et entré en vigueur en 2021, continue d’orienter les pratiques. En imposant davantage de transparence sur les caractéristiques ESG des produits financiers, il a contribué à standardiser les informations disponibles pour les investisseurs et à détecter plus clairement les différences entre offres.
Concrètement, plus de la moitié des encours français sont désormais identifiables dans ce cadre, ce qui devrait accroître la pression sur les gestionnaires pour améliorer leurs reportings et clarifier les méthodologies employées.
Ce que cela signifie pour les épargnants et les marchés
- Pour les particuliers : une offre plus structurée, mais une part de marché encore limitée par rapport aux institutionnels ; il faut rester vigilant sur la transparence des produits.
- Pour les gestionnaires : la conformité SFDR et la qualité des reportings deviennent des facteurs compétitifs essentiels.
- Pour les marchés : l’intégration progressive de critères ESG continuera d’influencer les flux de capitaux, surtout si les exigences réglementaires se durcissent.
En résumé, l’investissement responsable au sens large conserve sa solidité en France, mais entre dans une phase d’ajustement : croissance modérée, normalisation réglementaire et concentration des acteurs. Les prochains trimestres seront déterminants pour mesurer si la dynamique retrouve l’élan observé en 2024 ou si elle se stabilise à un nouveau rythme.
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