Les immatriculations de véhicules utilitaires électriques ont connu un net rebond au premier trimestre dans l’Union européenne, mais la traction du diesel reste écrasante pour la majorité des professionnels. Ces tendances, révélées mercredi par l’ACEA, précisent l’état d’avancement réel de la transition énergétique dans le transport routier et ce que cela implique pour les flottes et les infrastructures.
Au total, les enregistrements de véhicules utilitaires toutes motorisations confondues ont progressé, porté par des hausses contrastées selon les segments. Les fourgons ont atteint 360 648 immatriculations (+2,3 %), les camions 81 766 (+10,7 %) et les bus 10 964 (+24,5 %).
Électrification en hausse, mais le diesel domine
La part des fourgons électriques s’élève désormais à **12 %** du marché européen, contre 8,7 % un an plus tôt — un signe de progression visible mais encore limité face au diesel, choisi par environ **80 %** des acheteurs de fourgons. Les camions électriques restent marginaux (4,4 % du marché), même si leur nombre a augmenté : 3 599 unités vendues au trimestre, soit une hausse de 40,1 %. Les bus font figure d’exemple le plus avancé : les modèles électriques représentent 21,8 % des ventes.
Dans le même temps, certaines motorisations thermiques gagnent encore du terrain. Les camions diesel ont vu leurs ventes croître d’environ 11 %, et les bus diesel affichent une progression marquée, de l’ordre de 25 %. Les motorisations essence, elles, reculent fortement : baisse de 27,1 % pour les fourgons, qui ne représentent plus que 3,7 % du marché, et restent quasiment absentes chez les camions et les bus.
Différences nationales marquées
Le comportement des marchés nationaux varie fortement. L’Espagne (+13 %) et la France (+3,7 %) ont soutenu la demande en fourgons, tandis que l’Allemagne (-9 %) et l’Italie (-1,7 %) ont freiné la croissance globale.
Sur les vans électriques, la France conserve la tête en volumes avec 11 167 unités, suivie par l’Allemagne (7 656), l’Espagne (4 982) et l’Italie (2 400). Pour les camions électriques, la progression s’observe surtout en France et en Allemagne, qui reportent respectivement 552 et 1 387 immatriculations au trimestre.
| Type de véhicule | Immatriculations Q1 | Évolution annuelle | Part véhicules électriques | Part diesel |
|---|---|---|---|---|
| Fourgons | 360 648 | +2,3 % | 12 % | 80 % |
| Camions | 81 766 | +10,7 % | 4,4 % (3 599 unités) | 92 % |
| Bus | 10 964 | +24,5 % | 21,8 % (2 393 unités) | 65 % |
Ces chiffres tracent un panorama contrasté : le stock de véhicules électriques progresse, mais loin d’être majoritaire, et le diesel conserve une position de force, notamment pour les gros rouleurs et le transport longue distance.
Ce que cela signifie pour les acteurs du secteur
- Pour les gestionnaires de flotte : l’augmentation des véhicules électriques impose de planifier davantage de capacités de recharge et d’adapter les cycles d’achat en fonction des usages réels.
- Pour les collectivités et opérateurs publics : la montée des bus électriques nécessite un renforcement des bornes et de la maintenance dédiée.
- Pour les politiques publiques : atteindre les objectifs climatiques exigera des mesures ciblées pour accélérer l’adoption hors des niches urbaines et soutenir le passage aux véhicules lourds électriques.
En résumé, l’électrification progresse mais cohabite avec une demande forte pour des solutions diesel — un équilibre qui façonnera les investissements à venir dans les infrastructures et la flotte professionnelle.
Source : Association des constructeurs européens d’automobiles (ACEA), données du premier trimestre.
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