Hier, le troisième vol de la fusée New Glenn de Blue Origin a abouti à un résultat contrasté : le lanceur a été récupéré comme prévu, mais le satellite embarqué, BlueBird 7 d’AST SpaceMobile, n’a pas été placé sur l’orbite attendue et sera désorbité. Cet incident mêle un progrès technique pour Blue Origin et une perte matérielle et opérationnelle pour son client.
La fenêtre de tir offrait deux heures et le décollage a finalement eu lieu après une brève interruption du compte à rebours pour un problème technique non précisé. La mission prévoyait le déploiement du satellite environ 75 minutes après le lancement, après une seconde mise à feu de l’étage supérieur visant une orbite proche de 460 km.
Peu après la séparation, Blue Origin a indiqué sur X que le satellite s’était mis sous tension et que le déploiement avait eu lieu, mais qu’il se trouvait sur une « orbite non nominale ». Plus tard dans la journée, AST SpaceMobile a confirmé que BlueBird 7 avait été injecté sur une trajectoire trop basse pour permettre toute correction via sa propulsion embarquée : le satellite sera désorbité et détruit lors de sa rentrée atmosphérique.
Conséquences immédiates pour la constellation
BlueBird 7 était présenté comme le plus volumineux des satellites de la société, avec une masse d’environ 6,1 tonnes et une surface d’antenne de plus de 220 m² une fois déployée. Sa perte retarde le calendrier opérationnel de la constellation permettant des connexions cellulaires directes vers les téléphones classiques.
AST affirme poursuivre la production des engins suivants (BlueBird 8 à 32 sont en fabrication) et maintient une estimation de lancement d’un satellite tous les un à deux mois en 2026, avec l’objectif d’approcher une quarantaine de satellites en orbite d’ici la fin de l’année. Le calendrier pourrait toutefois être remis en cause si les investigations révèlent des causes techniques plus profondes.
- Ce qui s’est passé : séparation et mise sous tension du satellite, mais injection sur une orbite trop basse.
- Effet immédiat : désorbitation programmée de BlueBird 7 ; coût couvert par l’assurance selon AST.
- Impact sur le déploiement : possible ralentissement de la mise en service; production des satellites suivants continue.
- Enquête en cours : Blue Origin et AST analyseront les données pour déterminer la cause de l’injection incorrecte.
Un succès pour la récupération, malgré tout
Sur le plan du lanceur, Blue Origin peut afficher un motif de satisfaction : le premier étage, nommé « Never Tell Me The Odds », s’est posé avec succès sur la barge Jacklyn dans l’Atlantique environ neuf minutes et demie après le lancement. Il s’agissait du premier réemploi d’un premier étage de New Glenn.
La réutilisation a été partielle sur cette mission : chacun des sept moteurs BE-4 embarqués était neuf, et la société a précisé que les moteurs utilisés lors du vol précédent seraient à nouveau réutilisés sur des vols ultérieurs. Cette stratégie de récupération vise à réduire les coûts unitaires et à augmenter la cadence de lancement.
Pour Blue Origin, la capacité à récupérer et réutiliser des éléments de première étape est un enjeu majeur pour rester compétitif face à SpaceX et répondre aux attentes commerciales. Même si la mise en orbite du satellite a échoué, la faculté de ramener physiquement le booster constitue un acquis stratégique.
Que surveiller maintenant
Les prochains éléments à observer :
- les conclusions de l’enquête commune Blue Origin / AST sur la trajectoire d’injection ;
- les décisions d’AST concernant l’ajustement du calendrier de lancement et les implications pour ses partenaires opérateurs mobiles ;
- la suite de la stratégie de réutilisation de Blue Origin, notamment l’emploi des moteurs BE-4 précédemment volés.
À court terme, l’événement illustre la fragilité des opérations spatiales et la dépendance des opérateurs à la précision des phases d’injection orbitale. À moyen terme, la récupération du booster rappelle que la réduction des coûts et la maîtrise de la réutilisation restent des leviers essentiels pour qui veut accélérer des déploiements massifs en orbite basse.
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