Un accord a été trouvé entre les syndicats de biologistes médicaux et l’Assurance maladie pour rendre accessible en ville le dépistage du cadmium, un métal toxique présent dans l’alimentation. Cette décision, confirmée par des représentants professionnels et relayée auprès de l’AFP, ouvre la voie à un remboursement qui pourrait intervenir dans les prochains mois — une évolution majeure compte tenu du niveau d’exposition relevé en France.
Le détail de l’accord
Les partenaires ont fixé un tarif unitaire pour le test de dépistage réalisé en laboratoire de ville : 27,50 euros pour le dosage sanguin et urinaire du cadmium. La prise en charge se répartirait entre Assurance maladie (60 %) et les complémentaires santé (40 %), ce qui laisse penser qu’une majorité des patients bénéficiant d’une mutuelle n’auraura pas de reste à charge.
L’accord a été conclu à la mi-mars au sein de la commission chargée de hiérarchiser les actes de biologie médicale. Pour entrer en vigueur, il doit encore être validé par plusieurs instances, dont le conseil de l’Union nationale des caisses d’assurance maladie (Uncam), puis faire l’objet d’une publication au Journal officiel — une procédure qui prend généralement deux à trois mois.
Qui sera concerné, et quand ?
La Haute Autorité de santé (HAS) recommandait déjà depuis 2024 de cibler le dépistage sur les personnes « potentiellement surexposées », notamment en raison de leur lieu de résidence si les sols sont contaminés au-delà d’un certain seuil. Le ministre en charge de la Santé avait annoncé en 2025 son intention d’élargir la prise en charge en médecine de ville pour les populations à risque.
- Tests concernés : dosage sanguin et dosage urinaire du cadmium.
- Public prioritaire : personnes exposées par leur lieu de résidence, travailleurs exposés, populations vivant près de zones contaminées.
- Calendrier prévisionnel : validation par l’Uncam puis publication au Journal officiel dans les deux à trois mois suivant l’accord.
- Modalités financières : tarif de 27,50 euros pris en charge à 60 % par l’Assurance maladie et 40 % par les complémentaires.
Les syndicats ont toutefois posé une garde : si le nombre de prescriptions de ce test dépasse celui des dépistages du plomb, les parties se sont engagées à revoir le tarif à la baisse. Cette clause vise à limiter un éventuel pic de prescriptions et l’impact budgétaire pour les caisses.
Pourquoi cela compte aujourd’hui
Les autorités sanitaires font part d’une inquiétude persistante : selon l’Anses, près de la moitié de la population française présentait en 2025 des niveaux de cadmium supérieurs aux références sanitaires. Le métal, faiblement éliminé par l’organisme, est classé comme cancérogène, mutagène et toxique pour la reproduction, et il s’accumule avec l’âge.
Rendre le dépistage accessible en médecine de ville permettrait d’identifier plus tôt des expositions excessives, d’orienter des mesures de prévention individuelles et collectives, et d’améliorer le suivi des populations à risque. Pour les généralistes et les laboratoires, cela implique aussi d’adapter les pratiques et l’offre de tests.
Selon les syndicats et l’Assurance maladie, confirmés auprès de l’AFP, la concrétisation de cet accord dépend désormais des étapes administratives restantes mais représente une avancée notable dans la prise en charge des risques environnementaux en santé publique.
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