Le gouvernement a annoncé mardi la création ou l’agrandissement de neuf réserves biologiques forestières, qui porteront la surface de forêts protégées à hauteur de 157 000 hectares supplémentaires. Une mesure notamment marquée par l’inscription d’une vaste zone en Guyane, qui concentre l’essentiel du gain de surface.
Ces espaces seront placés sous la responsabilité de l’Office national des forêts (ONF) et visent à renforcer la protection des habitats boisés et des espèces qui y vivent, d’après le ministère de la Transition écologique. Huit d’entre elles relèvent du régime des réserves biologiques intégrales, où la forêt est laissée à son évolution naturelle sans exploitation.
- Pitons rocheux d’Armontabo (Guyane) — 156 290 ha : une vaste forêt tropicale remarquable, qui concentre la quasi-totalité de la nouvelle superficie protégée.
- Bannes-Ravines (Vosges) — 313 ha : hêtraie-sapinière d’altitude, habitat montagnard typique.
- Pas de la Lauze (Hérault) — 193 ha (dont +8 ha en extension) : mosaïque de forêts méditerranéennes et de garrigues boisées.
- Chamalière‑Peyre‑Ourse (Cantal) — 147 ha : forêt d’altitude mêlant hêtraies et estives boisées.
- Jumelles d’Ornes (Meuse) — 100 ha : forêt ancienne notable pour sa richesse en bois mort.
- Buronnières (Seine‑et‑Marne) — 83 ha : massif feuillu en contexte péri‑urbain.
- Vau des Loups (Meuse) — 75 ha : massif forestier ancien.
- Chatte‑Pendue (Bas‑Rhin) — 53 ha : forêt de moyenne montagne.
- Tourbières du Somail (Hérault) — extension de 11 ha pour une réserve biologique dirigée, où une gestion active vise à préserver des habitats fragiles.
Pourquoi cette décision now ?
Le calendrier n’est pas anodin : l’annonce intervient après des critiques formulées en mai par l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN), qui jugeait l’ambition française insuffisante en matière de protection de la nature. Avec ces créations et extensions, l’exécutif veut progresser vers son objectif de porter à 10% la part du territoire terrestre placé sous protection forte d’ici 2030.
Actuellement, la part du territoire national sous protection stricte atteint 6,43 %, selon le ministère. Le plan annoncé vise en outre à sanctuariser 250 000 hectares de forêts supplémentaires d’ici 2030, dont 180 000 hectares en Guyane — un pari essentiel pour les zones tropicales françaises.
Les autorités présentent ces mesures comme une manière de réduire les pressions sur les écosystèmes et d’offrir une protection renforcée aux espèces et aux habitats menacés. Elles s’inscrivent aussi dans l’engagement pris après la COP15 Biodiversité : protéger 30% du territoire national (terrestre et marin), dont 10% en protection forte, d’ici à 2030.
Reste à vérifier sur le terrain l’impact concret de ces réserves — en matière de restauration des milieux, de suivi des populations animales et végétales, et de coordination avec les enjeux locaux (économie, usages, populations autochtones en Guyane). Le ministère indique que la gestion et le suivi seront assurés par l’ONF, qui devra désormais traduire ces intentions en actions opérationnelles.
D’après le communiqué du ministère de la Transition écologique.
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