Conçu pendant la crise du Covid pour désengorger les services de réanimation, l’EVACARe transforme un car de tourisme en unité hospitalière mobile capable d’évacuer plusieurs patients graves simultanément. Ce dispositif, désormais prêt à être déployé lors d’accidents majeurs ou d’attentats, réduit la logistique et accélère les transferts quand chaque minute compte.
Un concept né de l’urgence
À l’origine du projet, le SAMU des Hauts‑de‑Seine a adapté un autocar pour créer un véritable « hôpital sur roues ». Face aux hôpitaux saturés et aux besoins de transfert en masse observés durant la pandémie, l’idée était simple : embarquer plusieurs patients en soins critiques pour les déplacer efficacement vers des lits disponibles ailleurs.
Le véhicule a déjà été utilisé pour des opérations de transfert entre établissements et placé en pré‑alerte lors de grands rassemblements, afin d’être opérationnel en cas d’évènement sanitaire ou d’attaque à caractère multiple.
Une mission ciblée : transporter des patients en réanimation
La fonction principale de l’EVACARe est le transfert de malades en réanimation quand un hôpital ne peut plus assurer la prise en charge. Deux configurations sont prévues : libérer des lits occupés par des patients stabilisés pour permettre l’arrivée de nouveaux cas, ou récupérer des victimes directement sur place pour les conduire vers un service de soins intensifs ou un bloc opératoire.
Le véhicule a été pensé pour couvrir l’ensemble du territoire national et intervenir aussi bien en région qu’en Île‑de‑France, selon les demandes des autorités sanitaires.
Organisation et fonctionnement
Contrairement à une ambulance classique, l’EVACARe embarque simultanément deux équipes médicales du SAMU et deux conducteurs fournis par l’opérateur de transport partenaire. Il n’existe pas de personnel permanent dédié : les équipes de garde et d’astreinte sont mobilisées pour armer le car selon les contraintes opérationnelles.
Sur place, les six professionnels de santé se relaient et coordonnent leurs actions. La priorisation des patients se fait en concertation avec la régulation médicale : on installe d’abord ceux que l’on peut stabiliser rapidement, puis les cas plus complexes, qui, paradoxalement, descendent souvent en premier car leur mise en condition prend plus de temps.
Comment l’équipe se répartit
- Deux médecins du SAMU
- Deux infirmiers
- Deux ambulanciers
- Deux conducteurs
Matériel et capacités techniques
Le car reproduit en grand le matériel d’une ambulance de réanimation pour garantir une continuité des soins pendant le trajet. Parmi ses atouts :
- 8 postes de réanimation équipés de scopes, de respirateurs et de pousse‑seringues identiques à ceux utilisés en ambulance
- Autonomie routière : 1 000 km
- Autonomie électrique : 48 heures grâce à des batteries embarquées
- 48 000 litres d’oxygène au total, soit une réserve suffisante pour plusieurs heures par patient
Mode « contaminé » : adaptation NRBC
Conçu durant la pandémie, le véhicule peut basculer en configuration « risque NRBC » (nucléaire, radiologique, biologique, chimique). Dans ce cas, la capacité passe de huit à six postes afin de créer une zone dédiée aux patients contaminés et une zone propre pour les soignants et la prise en charge ultérieure.
La séparation des espaces s’opère à l’aide de brancards escamotables et d’aménagements modulables à l’avant du car, permettant aux équipes d’enfiler les tenues de protection et de limiter les risques de contamination. Une table élévatrice rangée en soute facilite l’embarquement des patients.
Formation et exercices réguliers
Utiliser un car comme vecteur de réanimation implique des gestes différents de ceux pratiqués dans une ambulance classique : embarquement par la porte centrale, rangement du matériel repensé, organisation spatiale à maîtriser. Le SAMU a donc développé des formations internes et profite d’exercices préfectoraux et de démonstrations pour entraîner les équipes.
Ces sessions servent autant à répéter les gestes cliniques qu’à adopter les bonnes postures logistiques à l’intérieur du véhicule.
Un atout logistique et humain
Par rapport à un transfert aérien ou par train, qui nécessite de mobiliser de nombreuses ambulances pour les relèves, l’EVACARe réduit significativement le besoin en personnel et en véhicules : le principe du « porte‑à‑porte » permet d’aller chercher des patients à l’établissement puis de les déposer directement dans des services récepteurs sans multiplications d’escales.
Intégré aux moyens sanitaires stratégiques, le car reste positionné et entretenu par un opérateur dédié afin d’être rapidement disponible en cas de mobilisation nationale.
Polyvalent — transferts inter‑régionaux, intervention en masse ou appui logistique lors de déménagements hospitaliers —, l’EVACARe illustre une réponse opérationnelle issue d’une crise et désormais pérennisée pour améliorer la résilience du système de santé.
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