En pleine procédure de liquidation judiciaire, l’association Asalée a dévoilé vendredi 16 octobre un plan en deux volets pour préserver et pérenniser son réseau de soins coordonnés. L’initiative vise à protéger la continuité des équipes de terrain et à offrir un cadre juridique capable de faire reconnaître la coopération entre professionnels auprès de l’Assurance maladie.
Un syndicat interprofessionnel pour porter la coopération
Asalée annonce la création d’un nouveau syndicat, conçu pour rassembler infirmiers, infirmiers en pratique avancée (IPA), médecins et médiateurs sociaux autour d’une même représentation. L’objectif est de sortir des logiques de silos et d’obtenir une reconnaissance officielle du travail collaboratif dans les conventions négociées avec la sécurité sociale.

Plutôt que d’opposer les métiers, le projet promet une représentation à la fois partagée et équilibrée, destinée à défendre des sujets concrets : prévention, éducation thérapeutique, accompagnement des patients et coordination des soins. Cette démarche revendique une approche interprofessionnelle capable de peser dans les discussions conventionnelles.
La SCIC Asalée 2030 : se donner les moyens d’une reprise
En parallèle, l’association mise sur la création d’une société coopérative d’intérêt collectif, baptisée « SCIC Asalée 2030 », qui pourrait reprendre la gestion du dispositif si l’association venait à être cédée. L’idée est de permettre aux acteurs locaux de devenir acteurs de la reprise, en gardant la gouvernance au plus près du terrain.
Le modèle coopératif s’appuierait sur une centaine d’entités territoriales — des structures locales en cours de constitution — qui participeraient à la gouvernance, aux côtés d’associations de patients et d’aidants. Une première association territoriale est déjà créée dans le Tarn, selon Asalée.
- 16 octobre : messages envoyés par la présidente Margot Bayart aux différentes professions pour annoncer les projets.
- 18 octobre : date limite pour les professionnels souhaitant rejoindre les initiatives (veille de l’audience judiciaire).
- Mi-novembre : objectif affiché pour avoir environ 100 associations territoriales constituées et prêtes à intégrer la SCIC.
- Enjeux : garantir la continuité des équipes, consolider la reconnaissance institutionnelle de la coopération et peser dans les négociations avec l’Assurance maladie.
L’association insiste sur la distinction entre les deux structures : le syndicat serait autonome et centré sur la représentation et la négociation, tandis que la coopérative viserait la reprise opérationnelle et la gouvernance locale. Les professionnels intéressés ont été invités à se manifester rapidement, sachant que la décision du tribunal sur la liquidation pourrait modifier l’horizon juridique de ces initiatives.
Pour Margot Bayart, il s’agit moins de rompre avec les organisations existantes que d’« institutionnaliser » — selon ses termes — des années de travail en commun au service des patients. La suite dépendra désormais du calendrier judiciaire et de la capacité des acteurs locaux à structurer la SCIC dans les prochaines semaines.
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