Japon : un homme s’immole par le feu près du bureau du Premier ministre

par Léo BOULANGER

Les forces de sécurité de Tokyo ont été confrontées à un problème de nature sauvage. Les médias japonais ont en effet rapporté qu’un homme s’est immolé par le feu près du bureau du Premier ministre japonais, Fumio Kishida, et a été transporté à l’hôpital, inconscient.

Selon les médias japonais, l’homme a fait la tentative en signe de protestation pour les funérailles nationales, le 27 septembre à Tokyo, de l’ancien Premier ministre assassiné Shinzo Abe, une question qui divise le Japon.

Un policier qui a essayé d’éteindre les flammes a été brûlé.

Contactés par l’Agence France-Presse, la police et le bureau de la présidence du gouvernement n’ont pas souhaité faire de commentaires.

Selon la chaîne de télévision Asahi, l’homme s’est immolé par le feu après avoir dit aux policiers qu’il s’opposait aux funérailles nationales de Shinzo Abe. Selon l’agence de presse de Kyoto, à une courte distance… une lettre protestant contre cette cérémonie coûteuse a été trouvée à proximité.

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Qui était Shinzo Abe qui a été assassiné

Figure politique emblématique mais controversée au Japon, l’ancien Premier ministre ultra-nationaliste Shinzo Abe a quitté ses fonctions en 2020 pour des raisons de santé. Il a été assassiné par un homme armé le 8 juillet alors qu’il prenait la parole lors d’un meeting électoral à Nara (ouest).

L’accusé de l’assassinat, Tetsuya Yamagani, 41 ans, qui a été arrêté après avoir ouvert le feu, a déclaré l’avoir tué pour des raisons personnelles car il s’opposait à l’Église de l’Unification, également connue sous le nom de secte Moon, fondée dans les années 1950 en Corée du Sud, avec laquelle, selon lui, Shinzo Abe avait des liens. Selon le défendeur, la secte, connue pour sa manière agressive de collecter des fonds auprès des croyants, a ruiné sa mère.

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L’auto-immolation de l’homme s’est produite alors que Fumio Kishida se trouvait à New York, où il s’adressait à l’Assemblée générale des Nations unies.

L’ancien premier ministre japonais, qui est resté au pouvoir plus longtemps que quiconque, sera enterré le 27 septembre après une cérémonie à laquelle participeront 6 000 invités du Japon et de l’étranger, notamment des chefs d’État et de gouvernement.

Réactions aux funérailles nationales

L’opposition aux funérailles nationales s’intensifie à la suite de la révélation de liens entre des membres du Parti libéral démocrate (FDP) de Shinzo Abe et la secte religieuse. Le parti au pouvoir a admis ce mois-ci que près de la moitié de ses 379 députés avaient une certaine forme d’interaction avec l’Église de l’Unification.

Les sondages montrent qu’une majorité de Japonais s’oppose à la tenue de funérailles nationales, et cette question contribue à la chute libre de la popularité de M. Kishida. Un sondage publié par le journal Mainichi le montre en baisse de six points par rapport au mois d’août, à 29 %, un chiffre qui, selon les analystes, rendra difficile la mise en œuvre de son programme. Au même moment, le soutien au FDP a également chuté de six points pour atteindre 23 %, selon le même sondage.

M. Kishida a défendu à plusieurs reprises la décision d’organiser les funérailles nationales, mais la plupart des électeurs ne sont pas convaincus, considérant la cérémonie comme un gaspillage de l’argent public dans un contexte de problèmes économiques de plus en plus graves pour les citoyens.

Selon la dernière estimation du gouvernement, le coût de la cérémonie s’élèvera à 1,65 milliard de yens, soit 12 millions de dollars.

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