Promesse votée à la fin de 2023 : les coupes et culottes de règles réutilisables devaient devenir prises en charge pour les jeunes de moins de 26 ans. Plus d’un an après, l’application concrète de la mesure bloque faute de publication du texte d’application — une attente lourde de conséquences pour des millions de personnes concernées.
Depuis l’adoption de la loi, aucun décret n’a précisé les modalités de remboursement en pharmacie. Sur le terrain, les associations qui œuvrent pour l’éducation menstruelle reçoivent quotidiennement des questions de jeunes femmes qui veulent savoir quand elles pourront réellement obtenir ces protections sans avancer les frais.
Gaëlle Baldassari, de l’association Kiffe ton cycle, raconte que les demandes se multiplient : les bénéficiaires cherchent des informations claires mais se heurtent à l’absence de calendrier officiel. Le blocage administratif empêche aussi les fabricants et les officines de se préparer logistiquement à la mise en place du dispositif.
Qui est concerné et pourquoi l’enjeu est important
La loi prévoit la prise en charge des protections réutilisables pour les personnes de moins de 26 ans et les bénéficiaires de la complémentaire santé solidaire (C2S). Ces produits — coupes menstruelles et culottes absorbantes — représentent un coût initial compris généralement entre 25 et 50 euros l’unité, mais ils sont durables.
Pour les organisations engagées contre la précarité menstruelle, la mesure vise à réduire une charge financière récurrente pour les plus fragiles. Selon les estimations avancées par le secteur, environ 6,5 millions de personnes pourraient devenir éligibles, ce qui rend l’enjeu matériel et symbolique.
- Bénéficiaires : personnes de moins de 26 ans et titulaires de la C2S.
- Produits visés : coupes menstruelles et culottes de règles réutilisables.
- Coût pour la sécurité sociale : évalué à environ 75 millions d’euros par an selon les acteurs du secteur.
- Blocage actuel : absence de décret d’application empêchant le remboursement en pharmacie.
Pression des associations et rôle des pouvoirs publics
Associations et fabricants demandent désormais un calendrier clair pour la mise en œuvre. Léocadie Raymond, qui représente plusieurs acteurs du secteur, insiste sur la modestie du coût pour la Sécurité sociale au regard de son budget total et appelle l’État à fixer une date et des modalités précises.
Depuis l’adoption de la loi, le portefeuille ministériel de la Santé a changé plusieurs fois ; les organisations attendent un signe politique de la part de Stéphanie Rist pour débloquer le dossier. Sans cette impulsion, la mesure reste pour l’instant largement théorique.
Pratiquement, la publication du décret conditionnera plusieurs opérations : attribution d’un code de remboursement, formation des pharmaciens, information des publics ciblés et mise en stock des produits adaptés. Autant d’étapes qui prennent du temps et exigent une coordination entre ministères, caisses et acteurs privés.
À plus long terme, les défenseurs du dispositif soulignent deux effets attendus : la diminution du coût annuel supporté par les personnes concernées et une réduction des déchets liés aux protections jetables — arguments repris tant par les associations que par certains fabricants.
Jusqu’à l’annonce officielle d’un calendrier, les associations maintiennent la pression et multiplient les campagnes d’information. Pour les intéressées, l’urgence est concrète : sans décret, l’accès généralisé à ces protections reste suspendu, et les inégalités persistantes ne sont pas résorbées.
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