La ministre de la Santé a annoncé, mercredi 18 février, le lancement d’un chantier attendu : la **réingénierie de la formation** des infirmiers puériculteurs. Objectif affiché : adapter les cursus aux nouveaux besoins de santé des enfants et moderniser un cadre réglementaire gelé depuis plusieurs décennies.
Le projet s’inscrit dans la foulée de la loi infirmière du 27 juin 2025, qui a élargi la reconnaissance de la pratique avancée aux spécialités infirmières. Pour les acteurs de la pédiatrie, c’est une occasion rare de redéfinir missions et compétences afin de mieux répondre aux enjeux de prévention, de suivi précoce et de coordination des parcours.
Ce que vise la réforme
Aux yeux du ministère, la remise à plat doit permettre aux infirmiers puériculteurs, désormais souvent désignés sous l’acronyme IPDE, d’exercer de façon plus complète dans les hôpitaux, la protection maternelle et infantile (PMI) et la santé scolaire. Les responsables gouvernementaux insistent sur la nécessité d’un cursus qui tienne compte des défis actuels : repérage précoce des vulnérabilités, prévention en population et inégalités territoriales de santé.
Le cadre actuel, inchangé depuis les années 1980, ne serait plus adapté aux réalités cliniques et sociales rencontrées par les professionnels sur le terrain, font valoir syndicats et associations.
Des missions repensées
Une proposition de décret diffusée par l’Association nationale des puéricultrices et étudiants (ANPDE) détaille un socle de missions étendues. Parmi les principales orientations retenues par les acteurs :
- Évaluations globales du développement : bilans et diagnostics infirmiers spécialisés, surveillance clinique des nourrissons, détection précoce des écarts de développement.
- Soins pédiatriques spécialisés : prise en charge de la douleur, gestes thérapeutiques et vaccination dans un cadre de premier recours.
- Coordination des parcours : articulation entre ville, hôpital, PMI et services sociaux pour fluidifier les prises en charge.
- Soutien à la parentalité : accompagnement des interactions précoces, aide aux compétences parentales et prise en charge des situations de handicap ou de maladie.
- Promotion de l’allaitement : information, éducation et suivi individuel pour faciliter l’allaitement et le sevrage.
- Compétences en pratique avancée : consultations cliniques spécialisées, suivi de soins complexes, réalisation de gestes techniques et contribution à la recherche et à la formation.
Qui est mobilisé ?
Associations professionnelles, représentants syndicaux et instances nationales se disent prêts à participer aux travaux. L’ANPDE a publié sa proposition règlementaire début février et appelle à une ingénierie de formation capable de sortir l’enfant de « l’angle mort » du système de santé.
Peggy Alonso, présidente de l’ANPDE, a salué l’ouverture du ministère et l’invitation aux échanges. Le Collège des infirmières puéricultrices a également exprimé son soutien et demandé que les professionnels soient pleinement associés aux décisions.
| Étape | Contenu | Acteurs | Horizon |
|---|---|---|---|
| Convocation DGOS | Réunion initiale pour recueillir attentes et présenter le calendrier de la réingénierie | Direction générale de l’offre de soins, syndicats, associations d’IPDE | Prochainement |
| Groupes de travail | Concertations thématiques (programme, compétences, passages en pratique avancée) | Professionnels, représentants universitaires, ARS | Court à moyen terme |
| Projet réglementaire | Rédaction de décret et d’arrêté, consultations formelles | Ministère, parties prenantes | À définir |
Les Assises de la pédiatrie de juin 2024 avaient déjà posé quelques jalons : elles préconisaient notamment d’allonger la formation IPDE d’un à deux ans et d’intégrer la pratique avancée au sein de la spécialité, mesures largement réclamées par la profession.
Concrètement, si ces changements aboutissent, les infirmiers puériculteurs pourraient voir leurs responsabilités et leur autonomie renforcées — au service d’un meilleur dépistage précoce, d’un suivi plus fin des familles et d’une réponse plus cohérente aux inégalités territoriales.
Reste désormais à traduire ces orientations en textes et en parcours de formation validés. Le ministère promet des concertations ouvertes et plusieurs groupes de travail : c’est à l’issue de ces discussions que seront précisées les compétences exigées, la durée des cursus et les modalités d’entrée en pratique avancée.
Pour les professionnels en poste et les jeunes diplômés, l’enjeu est double : obtenir une reconnaissance claire de leurs missions et s’assurer que la formation prépare effectivement aux réalités cliniques, sociales et territoriales du suivi de l’enfant.
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