Les Suissesses et les Suisses votent aujourd’hui sur la création d’un nouveau mécanisme financier destiné à accélérer la transition énergétique — un choix qui mêle enjeux climatiques et contraintes budgétaires. La décision pourrait peser sur plusieurs milliards de francs annuels et influer sur la manière dont la Confédération finance la lutte contre le réchauffement.
L’initiative, portée par le Parti socialiste et les Verts en 2022 via le système de démocratie directe, propose la mise en place d’un fonds climat abondé chaque année par un pourcentage du Produit intérieur brut.
Concrètement, les partisans demandent que l’État rémunère ce fonds à hauteur de 0,5 à 1 % du PIB, soit environ 4 à 8 milliards de francs par an. L’objectif affiché : financer la réduction des émissions, améliorer l’efficacité énergétique et développer massivement les énergies renouvelables.
Pour ses promoteurs, investir maintenant réduira les coûts à long terme en limitant les dommages liés aux phénomènes climatiques extrêmes. Ils mettent aussi en avant des retombées économiques locales — industries vertes, emplois et maintien de la valeur ajoutée sur le territoire — en opposant ces bénéfices aux importations d’énergies fossiles.
Mais l’exécutif et le Parlement appellent à rejeter la démarche, invoquant des arguments financiers : la Confédération consacre déjà, disent-ils, près de 2 milliards de francs par an à des mesures climatiques au sein d’un budget global avoisinant 90 milliards. Selon eux, un nouveau fonds de cette ampleur risquerait d’alourdir durablement les comptes publics.
Les derniers sondages dessinent une majorité d’opposants. gfs.bern indique que 52 % des personnes interrogées sont hostiles à l’initiative, un chiffre qui monte à 62 % dans une enquête Tamedia/Leewas.
- Ce que prévoit l’initiative : constitution d’un fonds public alimenté annuellement à hauteur de 0,5–1 % du PIB (4–8 milliards de CHF).
- Arguments des partisans : accélérer la transition énergétique, réduire la dépendance aux énergies fossiles, créer des emplois locaux.
- Arguments des opposants : pression sur les finances fédérales, dépenses climatiques déjà engagées, risque de doublons ou d’inefficacité.
- Sondages : majorité d’électeurs défavorables selon les enquêtes récentes.
Le vote intervient dans un contexte de consultations populaires fréquentes en Suisse : dimanche, plusieurs autres objets sont soumis aux citoyens. Parmi eux, une proposition d’inscrire la garantie des paiements en espèces dans la Constitution qui apparaît bien placée pour être acceptée.
Parallèlement, l’initiative visant à réduire la redevance radio-télévision à 200 francs par an semble mal partie, les autorités craignant pour le financement du service public sur l’ensemble du territoire. Enfin, un référendum porte sur la révision du mode d’imposition des couples mariés — une réforme dont l’issue reste incertaine.
Pour les électeurs, la balance à peser est double : choisir d’augmenter dès maintenant l’effort financier public pour accélérer la transition, ou privilégier la prudence budgétaire en s’appuyant sur les dispositifs existants. Le résultat donnera un signal clair sur la volonté du pays d’affecter des ressources pérennes à la lutte contre le changement climatique.
AFP
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