Ce lundi 20 avril, Elon Musk ne s’est pas présenté à la convocation du parquet de Paris, attendu pour une audition libre dans le cadre d’une enquête ouverte début 2025. Son absence, annoncée par le parquet à BFMTV, ne bloque pas la procédure mais ravive un contentieux diplomatique entre la France et les États‑Unis autour de la responsabilité des plateformes et de l’usage de l’intelligence artificielle.
Convocation maintenue, enquête poursuivie
L’audition concernait plusieurs responsables de la plateforme X (ex‑Twitter), y compris des cadres cités dans le dossier, dont l’ancienne directrice générale Linda Yaccarino. Les personnes convoquées devaient s’expliquer dans le cadre d’une audition libre, procédure française qui permet à un mis en cause de s’exprimer sans contrainte judiciaire immédiate.
Le parquet a précisé que l’absence de l’une ou l’autre des personnes convoquées n’empêche pas la poursuite des investigations. Les magistrats continuent de rassembler des éléments et d’auditionner d’autres témoins ou responsables si nécessaire.
- Objet de l’enquête : possibles violations de la législation française par la plateforme.
- Infractions examinées : complicité de détention et diffusion d’images à caractère pédopornographique ; création et diffusion de deepfakes sexuels via le modèle d’IA Grok.
- Acteurs convoqués : dirigeants et employés de X, dont d’anciens cadres.
- Statut : procédure ouverte en janvier 2025, investigations en cours malgré les absences.
Tensions diplomatiques et coopération judiciaire
La procédure s’articule désormais à la croisée du judiciaire et du politique. Selon le parquet, un courrier envoyé par le bureau des affaires internationales du ministère de la Justice américain a indiqué qu’il n’aiderait pas à faciliter l’enquête française — information dont le parquet dit avoir eu connaissance par la presse.
Face à cette prise de position, les magistrats français ont rappelé que la séparation des pouvoirs et l’indépendance de la justice sont garanties par la Constitution. Les poursuites pénales restent du ressort exclusif des magistrats, affirment-ils.
Par ailleurs, dans le cadre de la coopération pénale internationale, le parquet indique avoir transmis certains éléments de la procédure aux autorités américaines — dont le Département de la Justice, les bureaux du procureur général de Californie et du procureur de New York — ainsi qu’à plusieurs parquets européens.
La Grande‑Bretagne mène elle aussi des investigations parallèles, notamment après des publications d’images intimes en début d’année, ce qui renforce le caractère transnational et complexe du dossier.
Ce que cela signifie pour les utilisateurs et la régulation
Au‑delà des personnes mises en cause, l’enquête interroge la capacité des plateformes à prévenir la diffusion d’images illicites et à encadrer les usages de l’IA générative. Si des manquements sont formellement établis, ils pourraient déboucher sur des sanctions et alimenter les débats européens sur la régulation des services en ligne et des modèles d’IA.
Les magistrats poursuivent leurs vérifications et pourront à tout moment renouveler des convocations ou transmettre de nouvelles demandes d’entraide aux partenaires étrangers. Aucune date de nouvelle audition publique pour M. Musk n’a été annoncée à ce stade.
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