Fin septembre, près d’un cours d’eau sur deux observés par les services publics français était à sec — un constat inédit depuis le lancement des relevés il y a quinze ans, et qui continue de s’aggraver. Cette sécheresse prolongée menace à la fois les écosystèmes aquatiques et les ressources en eau en aval, alors que les températures et les débits ne donnent aucun signe de reprise.
Des chiffres qui sortent du cadre habituel
Les derniers relevés publiés par l’Office français de la biodiversité (OFB), fondés sur les données de l’Observatoire national des étiages (ONDE), indiquent qu’au 30 septembre presque 50 % des points surveillés présentaient une rupture d’écoulement ou un véritable assec. Autrement dit, l’eau avait disparu des lits de nombreux petits ruisseaux, souvent proches des sources.

En valeur absolue, cela concerne 1 594 tronçons situés en amont — ces segments qui alimentent ensuite les rivières. Ces têtes de bassin fournissent généralement entre **55 et 70 %** du débit des cours d’eau situés en aval, ce qui illustre l’importance de leur assèchement pour l’ensemble du réseau hydrographique.
Un niveau record et une persistance alarmante
Sur les quinze années de suivi, jamais un tel niveau d’assec n’avait été enregistré pour cette période de l’année. Le nombre de tronçons à sec a augmenté d’environ vingt unités par rapport à fin août 2022, mois déjà marqué par une sécheresse exceptionnelle.
Autre élément inédit : certains secteurs restent privés d’écoulement depuis plus de quatre mois, sans la saisonnière accalmie que l’on observe habituellement en septembre. L’OFB souligne que la combinaison de l’ampleur, de la précocité et de la longévité de ces phénomènes traduit une dégradation durable des milieux aquatiques.
Conséquences directes pour la faune, la flore et l’usage de l’eau
La baisse des débits s’accompagne d’une hausse des températures dans les cours d’eau, ce qui augmente les risques de mortalité des espèces aquatiques et peut compromettre leur capacité de reproduction. La circulation et la diversité des organismes sont affectées, avec des effets qui peuvent se prolonger après le retour des pluies.

- 49,6 % des cours d’eau observés en rupture d’écoulement ou en assec (fin septembre).
- 1 594 tronçons amont concernés.
- Apport estimé des tronçons amont : 55–70 % du débit des rivières en aval.
- Zones les plus affectées : axe Vendée → Grand Est ; aggravation notable en Occitanie et en Auvergne‑Rhône‑Alpes.
- Départements particulièrement touchés : Creuse, Aveyron, Côte‑d’Or, Vendée, Ardennes, Charente, Loire, Loire‑Atlantique, Haute‑Marne, Nièvre.
Où la situation est la plus critique
Toutes les régions du pays déclarent des secteurs en difficulté, mais l’OFB mentionne un couloir de dégradation qui s’étend de la Vendée jusqu’au Grand Est. Certaines zones déjà fragilisées en août n’ont enregistré aucune amélioration et, pour quelques-unes, la situation s’est encore détériorée.
Au‑delà des impacts écologiques, cette sécheresse soutenue a des répercussions sur les usages humains : irrigation, captages d’eau potable et activités économiques liées aux milieux aquatiques peuvent être contraints par la baisse des ressources.
Surveillance et perspectives
L’OFB et l’ONDE poursuivent le suivi des débits et des températures : ces observations servent à alerter les gestionnaires et à orienter les décisions locales. Pour l’heure, les autorités ne constatent pas de tendance à la décrue sur les secteurs les plus affectés.
Les prochaines semaines resteront déterminantes pour évaluer l’ampleur des dégâts écologiques et la capacité des territoires à répondre à une sécheresse qui s’installe dans la durée.
Données : Office français de la biodiversité (OFB) / Observatoire national des étiages (ONDE). Reportage avec AFP.
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