À une semaine du verdict, l’Académie du Goncourt a réduit sa course au prix littéraire le plus attendu de la saison : quatre romans ont été choisis mardi 27 octobre pour la dernière sélection. Le nom du lauréat sera annoncé mardi 3 novembre à midi, un rendez‑vous qui pèse directement sur les ventes et la visibilité des auteurs retenus.
Les quatre finalistes
Les jurés ont écarté plusieurs titres populaires pour ne retenir que quatre ouvrages — tous publiés par des maisons du même groupe — qui mêlent succès commercial et accueil critique favorable.

- Philippe Jaenada, L’inconnue du Quai de Javel — un texte largement présent dans les meilleures ventes depuis la rentrée.
- Yannick Haenel, La solitude des professeurs est infinie — également bien positionné en librairie et encensé par une partie de la critique.
- Sylvain Prudhomme, De l’autre côté du lac — salué pour sa facture littéraire par plusieurs chroniqueurs.
- Clémentine Mélois, Choses que je croyais perdues — un recueil remarqué pour son originalité et son ton.
Au‑delà de l’annonce, le choix aura des conséquences concrètes : une place en finale du Goncourt se traduit souvent par une très nette augmentation des tirages et de la couverture médiatique, comme l’a montré en 2025 le succès de La Maison vide de Laurent Mauvignier, vendu à près de 640 000 exemplaires après l’attribution du prix.
Parmi les absents de cette dernière étape, on retrouve notamment Sonia Devillers et son Fabuleux Piano, ainsi qu’Olivier Rolin, qui n’ont pas franchi le cut opéré par les neuf membres du jury.
Une édition marquée par la polémique
Cette sélection intervient après un épisode inhabituel : le retrait en septembre du roman de l’auteur canado‑haïtien Thélyson Orélien, C’était ça ou mourir. Les organisateurs ont justifié cette décision par des accusations de plagiat et par des soupçons d’usage d’intelligence artificielle dans le texte, allégations que l’auteur a publiquement niées pour ce qui concerne son écriture.
La concentration des finalistes au sein d’un même groupe d’édition attire l’attention. Les quatre titres proviennent en effet de maisons dépendant du groupe Madrigall, la holding familiale présidée par Antoine Gallimard, déjà représentée par le lauréat 2025. Ce constat alimente les discussions autour de la structuration du marché éditorial français et de l’omniprésence de certains acteurs.
Le président de l’Académie, l’écrivain Philippe Claudel, lira le verdict au restaurant Drouant, respectant une tradition ancienne. Le jury compte cette année neuf membres après la disparition en août de Didier Decoin ; un nouveau membre devrait être nommé d’ici la fin de l’année.
Rendez‑vous mardi 3 novembre : au‑delà du trophée, l’annonce marquera la trajectoire commerciale et médiatique du livre primé — et confirmera, ou non, si la sélection reflète la diversité des voix de la rentrée littéraire.
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