Face à une sécheresse d’ampleur exceptionnelle, la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO) demande au gouvernement de différer l’ouverture anticipée de la chasse aux oiseaux d’eau programmée le 21 août, arguant que la coïncidence des prélèvements humains et d’une concentration massive d’oiseaux sur les rares points d’eau disponibles risquerait d’aggraver une situation déjà critique.
Dans un communiqué diffusé vendredi, l’association appelle à repousser cette ouverture jusqu’à la date nationale du 20 septembre, afin de préserver des populations affaiblies et de limiter les perturbations sur des milieux naturels en voie de disparition.
La sécheresse actuelle, amplifiée par plusieurs épisodes caniculaires depuis le printemps, a asséché sols et rivières à une échelle inédite. Les relevés nationaux indiquent que près de la moitié des cours d’eau connaissent aujourd’hui un assec ou une rupture d’écoulement, tandis que les zones humides — refuges essentiels pour les oiseaux d’eau — sont quasiment à sec dans de nombreux secteurs.

Conséquence directe : des groupes d’oiseaux se concentrent sur des surfaces très réduites. Selon la LPO, cela concerne non seulement des espèces habituellement chassées, comme les canards et certains limicoles, mais aussi de nombreuses espèces protégées — cigognes, hérons, spatules blanches — qui utilisent ces rares points d’eau comme halte migratoire ou pour se reconstituer.
Les oiseaux rassemblés sont déjà fragilisés par la chaleur prolongée — déshydratation, baisse des réserves énergétiques, susceptibilité accrue aux maladies — ce qui, d’après l’association, rend l’ouverture anticipée de la chasse particulièrement risquée.

- Pour la faune : risque d’augmentation de la mortalité et de propagation de pathologies dans des populations densément concentrées.
- Pour la conservation : perturbation des migrations et possible perte locale d’individus indispensables au renouvellement des populations.
- Pour les territoires : tensions accrues entre acteurs locaux (gestionnaires d’espaces naturels, chasseurs, élus) autour de l’accès et de la protection des points d’eau.
- Pour la gestion publique : décision politique simple à prendre — selon la LPO — mais lourde de conséquences si différée.
La LPO insiste sur le caractère temporaire et ciblé de sa demande : il ne s’agit pas d’un appel à l’interdiction définitive, mais d’un report pour laisser les populations se rétablir et réduire les perturbations sur des milieux devenus rares.
Allain Bougrain-Dubourg, président de l’association, rappelle que ce type de mesure relève d’un arbitrage politique et qu’en période de stress écologique extrême, la priorité devrait être de limiter tout facteur supplémentaire de mortalité. Il place cette revendication dans le cadre plus large de l’adaptation au changement climatique et de la gestion responsable des ressources naturelles.
La demande arrive à un moment clé : les calendriers de chasse sont fixés nationalement, mais l’examen public et les décisions locales peuvent être influencés par des alertes scientifiques et des pressions citoyennes. Les prochains jours devraient montrer si l’exécutif entend ajuster, au moins temporairement, les ouvertures pour tenir compte d’une situation hydrique exceptionnelle.
Communiqué de la LPO, communiqué publié vendredi.
Articles similaires
- La grippe aviaire : Les oiseaux sont en quarantaine en Angleterre – Obligation de rester à l’intérieur.
- Sécheresse des yeux : Les signes, les causes et les options de traitement
- Grande-Bretagne : Réflexions sur les œufs rationnés dans les supermarchés – Ce qui se passe
- L’appétit d’Erdogan a été aiguisé : une opération terrestre turque en Syrie est sur la table.
- La grippe aviaire : Un rare cas de transmission humaine détecté en Espagne










