Depuis le 17 août, Oulan-Bator réunit près de 200 délégations pour la COP17 consacrée à la lutte contre la dégradation des terres et les sécheresses. À mi-parcours entre urgence climatique et crises agricoles, cette conférence doit préciser comment transformer des promesses en financements concrets — un enjeu aux répercussions directes pour l’alimentation et les moyens de subsistance de millions de personnes.
La convention dédiée à la lutte contre la désertification trouve ses racines au Sommet de la Terre de Rio, comme ses sœurs consacrées au climat et à la biodiversité, mais elle est longtemps restée peu visible sur la scène internationale. Cette moindre exposition a contribué à des avancées plus lentes, alors que l’ampleur du problème ne cesse de croître.
Des terres fragilisées aux conséquences larges
Selon l’ONU, environ 40 % des terres émergées présentent aujourd’hui des signes de dégradation. La désertification n’est pas simplement l’expansion des déserts : elle désigne la détérioration des sols dans les zones arides et semi-arides, sous l’effet combiné du climat et des activités humaines.

Quand les sols perdent de leur fertilité et retiennent moins l’eau, les récoltes faiblissent, la vulnérabilité face aux sécheresses augmente et les populations rurales voient leurs moyens de subsistance menacés. La question rejoint donc directement la sécurité alimentaire et l’adaptation au changement climatique.
Le choix de la Mongolie comme hôte n’est pas anodin : la Convention y rappelle que près de 77 % du territoire national est affecté par la dégradation des terres. Là où l’élevage est central, la façon dont il est pratiqué devient un facteur déterminant pour l’état des pâturages et la résilience des paysages.
Le pastoralisme, fondé sur la mobilité saisonnière des troupeaux, est au cœur des discussions. Lorsqu’il est adapté aux capacités locales, il peut contribuer à préserver la biodiversité et à limiter certains risques comme les incendies — mais il peut aussi aggraver la dégradation s’il est mené sans adaptation aux nouvelles contraintes climatiques.
Ce que la COP17 doit débloquer
La conférence héritera d’un dossier délicat laissé en suspens à Riyad : l’absence d’accord sur un cadre contraignant pour gérer la sécheresse et, plus largement, la difficulté à définir des mécanismes de financement adaptés.

Les pays les plus exposés, notamment en Afrique et en Asie, réclament la création d’un instrument financier spécifique pour soutenir la restauration des terres et la préparation aux sécheresses. L’écart entre besoins estimés et ressources mobilisées reste massif.
- Besoin annuel estimé pour lutter contre la dégradation et restaurer les terres : environ 430 milliards de dollars (estimation CNULCD, 2024).
- Montant mobilisé en 2022 : environ 66 milliards de dollars.
- Engagements annoncés à Riyad : près de 12 milliards de dollars, dont la mise en œuvre reste à préciser.
- Attentes clés à Oulan-Bator : clarifier l’affectation des fonds, créer des incitations publiques-privées et instituer des mécanismes de suivi.
Transformer les promesses en résultats tangibles
La difficulté n’est pas seulement de lever des sommes : il s’agit aussi de prouver que les investissements sont efficaces. Des études citées par des experts montrent qu’un dollar investi dans la restauration peut générer plusieurs dollars de bénéfices économiques et environnementaux — un argument central pour convaincre bailleurs et investisseurs.
Le gouvernement mongol a d’entrée appelé à sortir des discours pour passer à des mesures mesurables et vérifiables. Cette exigence met la pression sur les négociateurs : comment structurer des financements qui aboutissent rapidement à des projets sur le terrain, et comment garantir leur suivi ?
Plusieurs pistes sont sur la table : renforcer les programmes locaux de gestion des pâturages, conditionner une partie des financements à des objectifs de restauration, favoriser les partenariats public-privé et améliorer les données géospatiales pour mieux cibler les interventions.
Les obstacles restent nombreux
Les négociations butent sur des questions récurrentes : qui paie, à quelles conditions, et qui contrôle l’utilisation des fonds ? Les pays vulnérables demandent des financements non seulement pour des projets mais pour des capacités nationales d’adaptation.
Parallèlement, il faudra convaincre le secteur privé de s’engager davantage, en montrant la rentabilité des investissements et en réduisant les risques perçus. La tenue d’objectifs clairs et de mécanismes de transparence sera déterminante pour attirer ces capitaux.
Entre aujourd’hui et la clôture le 28 août, la COP17 aura pour mission de transformer des promesses fragmentées en un plan d’action opérationnel. Le succès ne se mesurera pas uniquement à l’annonce de nouveaux montants, mais à la capacité des participants à déployer ces ressources de manière ciblée et durable.
Si la conférence parvient à lier financements, gouvernance et mise en œuvre locale, elle pourra enfin placer la restauration des sols au rang des priorités internationales — avec des conséquences concrètes pour la sécurité alimentaire et la résilience des territoires exposés.
Articles similaires
- L’Arabie Saoudite va déposer 5 milliards de dollars à la Banque centrale de Turquie
- Nestlé accélère la régénération des sols: nouvelles initiatives au forum mondial
- Les États-Unis offrent à Taïwan la version la plus avancée du missile Patriot.
- Powerball : un joueur super chanceux a fait sauter la maison – Il a gagné 2,04 milliards de dollars.
- Journée des célibataires : des rabais comme le Black Friday dans la célébration des séparés










