Pensée comme un moment de cohésion pour des équipes dispersées, une semaine de séminaire organisée en 2017 par la plateforme Plex au Honduras a rapidement dérapé, transformant la retraite en suite d’incidents parfois graves. À l’heure où les entreprises reconsidèrent leurs événements hors site, cette expérience offre un éclairage utile sur les risques logistiques, médicaux et juridiques à anticiper.
Selon une enquête du Wall Street Journal, les 120 salariés conviés sur l’île cumulent mésaventures et improvisations : du PDG cloué au lit par une infection, à des exercices inspirés des émissions de survie, en passant par des pannes d’eau et d’électricité. Le budget alloué dépassait les 500 000 dollars, mais l’argent n’a pas suffi à garantir la sécurité ni la sérénité du séjour.
Avant même d’arriver, les signaux faibles
Les premières alertes sont apparues avant le débarquement : des départs de personnel clé de l’hôtel et des tensions dans l’organisation locale. À leur arrivée, certains employés ont été surpris par la présence de postes de garde et d’hommes armés autour du site — un signal d’inconfort notable pour un événement d’entreprise.
Autre coup dur : le PDG, présent en amont pour superviser, a dû être hospitalisé après avoir contracté une sévère infection à E. coli, laissant l’équipe sans son organisateur principal au moment crucial.
Des activités de cohésion qui tournent mal
Les ateliers ayant pour modèle les émissions de survie de télévision devaient renforcer l’esprit d’équipe. Ils ont inclus des épreuves physiques dirigées par un ancien membre des forces spéciales américaines et des défis culinaires extrêmes.
Plusieurs employés ont été invités à goûter des insectes — tarentules et scorpions figurant au menu — une expérience qui a laissé certains participants mal à l’aise, d’autant que l’encadrement n’a pas toujours clairement défini les règles ni les risques liés aux aliments inhabituels.
Sur la plage, sous des températures élevées, des exercices de type militaire ont provoqué des malaises ; des participants se sont évanouis et d’autres ont abandonné en cours d’effort. L’un des épisodes évoqués inclut une participante piquée par des fourmis rouges après s’être effondrée au sol.
Logistique défaillante : eau, électricité et faune locale
Les pannes d’électricité et de distribution d’eau ont été répétées, compliquant la vie quotidienne et la sécurité nocturne. Des véhicules de golf ont été utilisés comme navettes dans l’obscurité, entraînant quelques accidents mineurs.
- Restauration : plats parfois insuffisamment cuits et cuisines débordées.
- Faune : découverte d’un porc‑épic dans une chambre, rencontre avec un alligator sur un terrain de golf.
- Médical : pénurie d’antihistaminiques et recours à des injections de fortune pour traiter des réactions allergiques.
- Transport : vols en petits appareils pour rapatrier les participants, piste non éclairée et personnes bloquées sur l’île d’Utila.
Ces événements ont multiplié le stress et réduit la marge de réaction des organisateurs, exposant l’entreprise à des risques sanitaires et à une mauvaise expérience collective.
L’épisode de l’île d’Utila : quand la logistique fait défaut
Une excursion humanitaire — la réparation d’un terrain de baseball détruit par un ouragan local — a commencé positivement, mais le retour a viré au casse‑tête. Les vols de huit places prévus pour le retour se sont révélés insuffisants et la piste d’atterrissage non adaptée à des rotations nocturnes.
Une partie du groupe a dû passer la nuit sur place. Privées d’un personnel médical complet et de stocks de médicaments suffisants, certaines personnes ont vu leur état s’aggraver temporairement avant une évacuation organisée au petit matin.
Des souvenirs durables, et des enseignements
Près d’une décennie après, les participants refusent d’en faire seulement un échec : l’accumulation d’imprévus a paradoxalement consolidé des liens et généré un grand nombre d’anecdotes internes. Mais en filigrane, ce séminaire illustre surtout les risques d’un événement mal préparé.
Pour les entreprises qui programment aujourd’hui des rencontres en présentiel, surtout dans des zones éloignées, plusieurs leçons sont à retenir :
- Prévoir des réponses médicales robustes : médecin sur place, stocks de médicaments courants, plan d’évacuation sanitaire.
- Vérifier les fournisseurs locaux : personnel clé de l’hôtel, capacité des cuisines, fiabilité des transports.
- Anticiper les scénarios logistiques : éclairage des pistes, variantes de rapatriement, plans de secours en cas de panne d’eau/électricité.
- Adapter les activités au public : classicisme des exercices, niveaux physiques requis, consentement éclairé pour les défis inhabituels.
Au‑delà de la tonalité anecdotique, l’affaire Plex est un rappel concret : organiser un séminaire coûteux ne garantit pas la sécurité ni le succès, et l’imprévu peut rapidement transformer une opération de communication en crise à gérer.
Alors que les entreprises multiplient aujourd’hui réunions hors site et séminaires pour recréer du lien après des années de télétravail, cet épisode doit inciter à une gestion du risque plus rigoureuse et à des checklists opérationnelles systématiques.
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