La mort, dimanche 22 février, de Nemesio Oseguera — connu sous le nom de El Mencho — a provoqué une onde de choc au Mexique et déclenché une flambée de violences qui met en lumière l’emprise persistante des cartels. L’opération militaire qui a conduit à sa neutralisation, menée dans l’État de Jalisco avec un appui renseignementaire étranger, pose d’ores et déjà des risques immédiats pour la sécurité publique et le tourisme dans plusieurs régions.
Une opération ciblée, des effets immédiats
Les forces armées mexicaines ont intercepté le chef du cartel Jalisco Nueva Generación dans la commune de Tapalpa, à l’ouest du pays. Touché lors de son arrestation, il est décédé pendant son transfert vers Mexico, ont indiqué les autorités.
Selon l’armée, l’intervention a fait plusieurs morts parmi les membres du groupe criminel, des arrestations et la saisie d’arsenal lourd, dont des dispositifs capables de menacer des aéronefs et des véhicules blindés. Le gouvernement mexicain assure avoir conduit l’opération de manière autonome, tout en reconnaissant avoir reçu des « informations complémentaires » en provenance des États‑Unis.
Violences et ripostes dans une vingtaine d’États
La nouvelle de la mort d’El Mencho a provoqué des réactions violentes attribuées au CJNG dans une vingtaine des 31 États mexicains. Barrages routiers, incendies de commerces et attaques contre des points de service public ont été signalés dans plusieurs régions.
Guadalajara, capitale de Jalisco, et la station balnéaire de Puerto Vallarta ont connu des scènes de panique et des blocages routiers. Les autorités locales ont toutefois tempéré certaines images largement relayées, évoquant des moments de panique collective plutôt que des attaques sur certains sites comme l’aéroport.
- Forces mobilisées : déploiement de quelque 2 500 soldats supplémentaires dans l’ouest du pays.
- Pertes humaines : plusieurs dizaines de personnes tuées depuis l’annonce, parmi lesquelles des membres des forces de sécurité et des civils.
- Barrages : environ 229 blocages routiers recensés dimanche, la majorité levée en soirée.
- Impact civil : cours suspendus dans au moins huit États ; tribunaux autorisés à fermer si nécessaire.
- Saisies : armes lourdes et munitions récupérées lors de l’opération.
Conseils aux voyageurs et réactions étrangères
Plusieurs pays ont mis à jour leurs recommandations : le ministère français des Affaires étrangères appelle les ressortissants en Jalisco et dans d’autres États affectés à se tenir à l’écart des zones de conflit et à limiter tout déplacement non essentiel. Les États‑Unis et le Royaume‑Uni ont émis des avis similaires, certains indiquant aux expatriés et touristes de se mettre à l’abri jusqu’à nouvel ordre.
Des compagnies aériennes ont annulé des liaisons vers des villes mexicaines touchées, accentuant les répercussions économiques locales, notamment dans les secteurs du tourisme et des services.
Un voisin vigilant : le Guatemala renforce sa frontière
Craignant des répercussions transfrontalières et d’éventuelles tentatives de fuite de membres de groupes criminels, le Guatemala a placé ses forces en alerte et accru la surveillance le long de sa frontière avec le Mexique. Les autorités guatémaltèques indiquent ne pas observer, pour l’heure, d’afflux inhabituel de personnes depuis le Mexique, mais restent prudentes face à la possibilité d’une recomposition des réseaux criminels.
Portrait rapide du chef abattu et enjeux pour l’avenir
Né dans les années 1960 dans une région pauvre du Michoacán, El Mencho est devenu en quelques années l’un des narcotrafiquants les plus influents du pays. Après un séjour aux États‑Unis et une condamnation qui s’est soldée par une expulsion, il a fondé un groupe qui s’est transformé en cartel hégémonique après 2009.
Le CJNG s’est imposé grâce à une logique d’expansion violente et à des attaques emblématiques contre l’État et ses représentants. L’élimination de son dirigeant principal risque d’entraîner à court terme des luttes internes pour la succession, des tentatives de revanche et une possible fragmentation du territoire contrôlé — autant de facteurs susceptibles d’alimenter une nouvelle phase d’instabilité.
Pour la population, les autorités et les observateurs internationaux, la question immédiate est double : contenir la réaction violente des groupes liés au cartel et empêcher que la disparition d’un chef ne provoque une escalade durable. Les prochains jours seront donc cruciaux pour évaluer si la neutralisation d’El Mencho affaiblira durablement le réseau ou, au contraire, précipitera une période de violence accrue.
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