Une nouvelle expertise de l’Anses alerte sur la persistance de niveaux préoccupants d’exposition alimentaire à plusieurs substances chimiques — du cadmium à l’acrylamide en passant par le plomb et le méthylmercure — et appelle à maintenir les efforts pour les réduire. Pourquoi cela compte aujourd’hui : ces contaminants restent présents dans des aliments quotidiens et peuvent, à terme, peser sur la santé publique si la surveillance et les mesures de prévention ne suivent pas.
Un panorama actualisé, après plus de vingt ans d’observations
Pour la troisième fois depuis les années 2000, l’Agence nationale de sécurité sanitaire a réexaminé l’exposition chronique de la population française à plus de 250 substances présentes dans les aliments. L’analyse repose sur des prélèvements représentatifs couplés à des données de consommation.
Résultat : si certaines concentrations moyennes ont diminué depuis la période 2006–2011, des hausses notables apparaissent dans des produits consommés quotidiennement par de nombreux foyers.
Des hausses ciblées dans les produits céréaliers et certains légumes
Les augmentations les plus marquantes concernent des aliments à base de céréales — pain, biscuits sucrés, viennoiseries, pâtes — qui pèsent fortement sur l’exposition à l’aluminium, au cadmium et au plomb. Parallèlement, certaines familles de légumes montrent des concentrations en hausse, sans remettre en cause leur intérêt nutritionnel.
Les métaux trouvés dans la chaîne alimentaire proviennent à la fois de processus naturels et de pollutions liées aux activités humaines (agriculture, industrie, trafic routier), qui enrichissent sols, eaux et atmosphère en éléments traces métalliques.
Ce qui reste trop élevé
L’Anses identifie plusieurs substances dont l’exposition reste préoccupante pour une partie de la population : acrylamide, cadmium, plomb, aluminium et méthylmercure. Le méthylmercure reste principalement lié à la consommation de poissons prédateurs (par exemple le thon), avec des niveaux comparables à ceux observés auparavant.
- Aliments les plus contributifs : pain et produits à base de blé, pâtes, viennoiseries, pommes de terre (notamment frites et pommes de terre sautées), légumes, mollusques et crustacés pour les consommateurs réguliers.
- Évolutions positives : baisse générale de l’acrylamide dans certains produits très contaminés auparavant — en partie attribuée à des pratiques volontaires de réduction.
- Points d’alerte : remontée des concentrations dans certains produits céréaliers et légumes.
Recommandations et conséquences pour le consommateur
L’agence exhorte à poursuivre les politiques de réduction des contaminants et à renforcer la surveillance des denrées. Sur le plan pratique, elle confirme son conseil alimentaire concernant le poisson : viser environ deux portions par semaine, dont une riche en acides gras oméga‑3, en diversifiant les espèces et les origines afin de limiter le risque de surexposition au méthylmercure.
Les experts rappellent aussi que l’équilibre des choix alimentaires réduit le risque d’exposition excessive à une substance présente en forte concentration dans certains aliments : ce n’est pas un produit isolé qui pose problème, mais la dose cumulée.
Travaux à venir
L’Anses annonce d’autres publications prochaines : une expertise dédiée à l’exposition globale au cadmium (au‑delà de la seule alimentation) et des résultats sur d’autres familles de contaminants — bisphénols, phtalates, résidus de pesticides et PFAS — issus de la même vaste étude.
À court terme, les enjeux sont clairs : maintenir et amplifier les contrôles, encourager des pratiques agricoles et industrielles moins contributrices à la contamination, et informer les consommateurs sans alarmisme, afin de réduire les risques sanitaires collectifs.
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