Le bilan officiel des émissions françaises fait apparaître une baisse marquée au premier trimestre, principalement imputable à un hiver très doux qui a réduit le recours au chauffage. Ce recul pose la question de la durabilité de la tendance et rappelle que la météo ne suffit pas à remplacer des politiques climatiques ambitieuses.
Chiffres essentiels
Selon le Citepa, les émissions nationales de gaz à effet de serre ont diminué de 4,8 % sur un an au premier trimestre, passant de 103,5 à 98,5 millions de tonnes équivalent CO2 — soit une réduction d’environ 5 millions de tonnes. L’organisme attribue principalement ce retournement à la consommation d’énergie dans les logements et les bureaux.
La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a salué ce recul tout en alertant sur le risque de relâchement : elle a appelé à maintenir les efforts pour réduire la dépendance aux énergies fossiles, dans une déclaration transmise à l’AFP.
Un hiver doux, moins de chauffage
Le secteur résidentiel et tertiaire a enregistré un repli significatif des consommations de combustibles. Le Citepa relève notamment un fort recul des usages de gaz naturel et de fioul, lié au faible besoin de chauffage durant la période.
Concrètement, les consommations de gaz naturel ont chuté de 12,7 % par rapport à l’an passé, et celles de fioul domestique de 13,3 %. Ces baisses expliquent une large partie de la diminution globale des émissions sur le trimestre.
Transports et industries : contrastes
Le transport, qui représente près d’un tiers des émissions françaises, a aussi diminué, mais de façon plus modeste. Les ventes de gazole ont reculé de 5,7 %, contribuant à une baisse générale du secteur.
À l’inverse, les émissions du transport aérien intérieur ont connu une hausse notable, de 6,4 %, soulignant des dynamiques sectorielles divergentes.
- Transport : -5,7 % pour les ventes de gazole ; aviation domestique +6,4 %
- Résidentiel/tertiaire : consommation de gaz -12,7 %, fioul -13,3 %
- Industrie et construction : baisses dans l’agroalimentaire (-300 000 tCO2e), la chimie (-200 000) et la métallurgie des métaux ferreux (-200 000)
Les secteurs manufacturiers et du bâtiment ont eux aussi contribué au recul, notamment grâce à une production moins intensive dans certains segments.
Tendances récentes et mise en perspective
Sur la période récente, la diminution des émissions s’inscrit dans une trajectoire de ralentissement : après des baisses importantes en 2022 (-6,8 %) et 2023 (-3,9 %), les chiffres annuels se sont tassés en 2024 (-3,0 %) et 2025 (-2,1 %).
Le Citepa précise par ailleurs que la contraction observée au premier trimestre est légèrement moins forte que l’estimation provisoire publiée mi-juin, qui tablait alors sur -5,2 %.
Au-delà des chiffres immédiatement visibles, la principale leçon reste que les variations météorologiques peuvent produire des fluctuations significatives à court terme. Pour transformer ces reculs ponctuels en réduction durable des émissions, l’accent devra rester mis sur la rénovation énergétique des bâtiments, l’électrification des transports et la diminution de la dépendance aux combustibles fossiles.
Source : Citepa, déclaration à l’AFP.
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