Après un été marqué par une sécheresse exceptionnelle, les agriculteurs attendent avec impatience les annonces d’aides promises par le gouvernement pour jeudi : sans mesures rapides et concrètes, nombre d’exploitations risquent de disparaître. Le syndicat Jeunes Agriculteurs a appelé lundi à des réponses immédiates et a présenté un ensemble de propositions pour limiter l’hémorragie.
Lors de la conférence de rentrée, le secrétaire général Loïc Scalabrino a souligné l’urgence de la situation : la période de sécheresse a creusé des pertes qui menacent la viabilité d’exploitations déjà fragiles, et des décisions fermes doivent être prises avant 2027 pour éviter une vague de cessations d’activité.
Des mesures ciblées pour garder des fermes en activité
Le syndicat a remis un livre blanc réunissant des réponses à court et moyen terme, axées sur l’aide financière directe et l’accompagnement des jeunes installés. Parmi les pistes évoquées figurent la prise en charge des cotisations sociales agricoles et des prêts bonifiés pour faciliter les investissements indispensables.

- Prise en charge des cotisations à la MSA pour alléger le coût du travail et la trésorerie des exploitations.
- Prêts garantis par l’État à taux zéro pour les agriculteurs installés depuis moins de cinq ans, afin de soutenir les premières années d’activité.
- Création d’une contribution générale sur l’impôt, calquée sur l’« impôt sécheresse » de 1976, destinée à financer des mesures de réparation et d’investissement.
L’objectif affiché est de soutenir des investissements structurants — bâtiments d’élevage mieux protégés, matériel d’irrigation adapté — pour renforcer la résilience face aux aléas climatiques.
Éviter un effet domino sur les territoires
Le président des Jeunes Agriculteurs, Jocelyn Dubost, insiste sur la nécessité de ne pas abandonner les nouvelles générations : avec près d’un exploitant sur deux qui approche de l’âge de la retraite, il faut des dispositifs pour faciliter la transmission et l’installation.

Le syndicat met en garde contre des conséquences lourdes : la disparition de dizaines de milliers de fermes — un chiffre évoqué de 30 000 à 35 000 — entraînerait des pertes de souveraineté alimentaire, l’enfrichement de territoires et des répercussions économiques locales en cascade.
Pour compléter les mesures financières, les Jeunes Agriculteurs proposent aussi des solutions moins conventionnelles, telles que la création d’un livret d’épargne dédié aux investissements agricoles ou l’obligation pour certaines entreprises émettrices de gaz à effet de serre de contribuer au réensemencement des prairies.
Calendrier et enjeux politiques
Le syndicat doit être reçu par le gouvernement le 14 septembre, une rencontre jugée cruciale pour transformer les annonces attendues en dispositifs opérationnels et rapides.
Ce dossier dépasse la sphère agricole : il interroge la capacité des politiques publiques à protéger un secteur exposé au changement climatique et à préserver l’équilibre des territoires ruraux. Les mesures annoncées jeudi seront scrutées pour leur rapidité d’exécution et leur capacité à financer des transitions concrètes sur le terrain.
Selon l’organisation, l’heure est à la mise en œuvre immédiate : des aides ciblées et des mécanismes de soutien durable sont nécessaires pour empêcher que l’été de la sécheresse ne marque le début d’une décroissance irréversible du secteur.
Avec AFP
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