Un trajet de nuit à San Francisco a dégénéré en scène d’agression en janvier, quand un homme s’est mis à frapper les vitres d’un robotaxi, menaçant les occupants. L’affaire relance un débat crucial : les véhicules autonomes rendent-ils vraiment les déplacements plus sûrs lorsque des tiers cherchent à les attaquer ?
La victime, Doug Fulop, se trouvait avec deux autres personnes à bord d’un véhicule de la filiale d’Alphabet lorsqu’un passant a traversé la rue, puis s’est retourné pour s’en prendre au robotaxi. Selon plusieurs témoignages, il a lancé des coups contre les vitres en proférant des menaces, créant une situation de forte tension pour les passagers.
Pourquoi le véhicule ne s’est pas éloigné
Les voitures autonomes de Waymo intègrent des protocoles de sécurité qui les obligent à s’immobiliser si une personne se trouve à proximité ou si leurs capteurs détectent une anomalie. Dans ce cas, le véhicule est resté sur place, les portes sont restées verrouillées et les passagers n’ont pas pu prendre la fuite ni reprendre le contrôle du volant.
Les occupants ont contacté à la fois le service d’assistance de Waymo et les secours. L’assistance a refusé de « piloter » à distance pour éloigner la voiture tant que l’agresseur était à proximité, assurant en revanche que les systèmes embarqués maintenaient les passagers en sécurité. La police est arrivée après plusieurs minutes ; l’attaque a cessé lorsque l’agresseur s’est éloigné, permettant enfin au véhicule de repartir.
Un phénomène en recrudescence
Ce cas n’est pas isolé. Des incidents similaires ont été rapportés ces derniers mois : des groupes encerclant des robotaxis, des tentatives de blocage en obstruant les capteurs, des frappes répétées sur les vitres et des efforts pour forcer les portières. Parfois, les agressions ont été filmées par les caméras embarquées.
Pour certains passagers, le verrouillage des portes et l’enregistrement vidéo apportent un sentiment de protection. Pour d’autres, comme Doug Fulop, la sensation d’impuissance face à un agresseur en furie a soulevé des questions sur les choix de conception : faut-il prioriser l’immobilisation du véhicule au détriment de la possibilité d’un départ rapide ?
- Cas récents : agressions physiques contre des robotaxis à San Francisco et ailleurs, signalées depuis 2024.
- Mécanique du problème : protocole d’arrêt et verrouillage automatique en présence de piétons ou d’obstacles.
- Conséquences : passagers parfois bloqués, intervention humaine limitée par les procédures à distance.
- Perception publique : confiance fluctuante selon l’expérience individuelle et la rapidité d’intervention des secours.
Les enjeux pour les opérateurs et les autorités
Pour les entreprises comme Waymo, ces incidents représentent un défi double : préserver la sécurité technique (capteurs, freinage d’urgence, verrouillage) tout en répondant aux situations d’agression où la meilleure action n’est pas toujours évidente. Une porte-parole de la société a rappelé que ces événements restent rares et que la technologie vise, globalement, à réduire les accidents de la route.
Les autorités locales doivent aussi s’adapter : la montée des attaques ciblées sur des véhicules autonomes soulève des questions de maintien de l’ordre, de prévention et de communication avec le public. Des réponses combinant modification des protocoles, renforcement des protections physiques et amélioration des liens entre opérateurs et forces de l’ordre semblent nécessaires.
Ce que cela signifie pour les usagers
Les expériences rapportées montrent que l’acceptation des robotaxis dépend autant de la fiabilité des logiciels que de la gestion des incidents hors route. Quelques passagers restent convaincus que l’autonomie réduit les risques liés aux comportements humains au volant ; d’autres, traumatisés par des agressions, hésitent à reprendre ce mode de transport.
À court terme, la diffusion de ces récits peut freiner l’adoption en zones urbaines sensibles. À plus long terme, l’industrie et les régulateurs devront trouver un équilibre entre sécurité passive (verrouillage, enregistrement) et options actives (capacité à quitter rapidement une zone dangereuse, intervention à distance) pour restaurer la confiance.
En filigrane, ces épisodes rappellent que l’innovation technologique ne neutralise pas les risques sociaux : la sécurité des voyages autonomes dépendra autant des décisions d’ingénierie que de la manière dont la société aborde la délinquance et la protection des usagers.
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