L’Agence régionale de santé (ARS) d’Île-de-France a ordonné la suspension immédiate de l’activité complète de quatre unités de la Fondation Vallée, hôpital pédopsychiatrique du Val‑de‑Marne, après des signalements faisant état de pratiques d’enfermement d’enfants. Cette décision, rendue publique jeudi 19 février, vise à protéger des mineurs tandis que l’établissement doit corriger des dysfonctionnements identifiés lors d’une inspection.
L’ARS explique avoir pris la mesure à la suite de plusieurs alertes concordantes et d’une inspection menée en novembre, qui ont mis en évidence un recours excessif à l’isolement et à la contention ainsi que des durées d’hospitalisation jugées disproportionnées au regard des besoins des patients. La suspension s’applique aux unités d’hospitalisation complète à partir du soir du 27 février ; les structures de jour et les consultations ambulatoires restent, elles, « ouvertes », précise l’agence.
| Unité | Tranche d’âge | Statut |
|---|---|---|
| Bourneville | 12–17 ans | Suspension |
| Dolto | 4–12 ans | Suspension |
| Winnicott | 6–12 ans | Suspension |
| UETA (évaluation et traitement des adolescents) | Adolescents | Sans activité (en reconversion) |
Selon l’ARS, ces quatre services hébergent actuellement **moins d’une vingtaine d’enfants**. L’agence demande à la Fondation Vallée de mettre en place des mesures correctives rapides et de réorganiser son offre d’hospitalisation complète en conformité avec les recommandations professionnelles récentes, notamment celles de la **Haute Autorité de Santé**.
Réactions et conséquences immédiates
La section locale de la CGT Santé a dénoncé une décision « brutale », en soulignant le risque d’un retrait significatif de l’offre pédopsychiatrique dans le département. Les représentants du personnel contestent les accusations et attirent l’attention sur le sort des enfants accueillis dans les unités suspendues, qui, selon eux, se retrouvent pour l’instant sans « solutions alternatives ».
L’ARS assure qu’une organisation de prise en charge de substitution sera mise en place « à la fin des vacances scolaires », période où la plupart des jeunes regagnent leur domicile familial. En attendant, la question de la continuité des soins et de l’hébergement des mineurs concernés reste au cœur des préoccupations des autorités locales et des syndicats.
Contexte institutionnel et clinique
La Fondation Vallée est l’une des plus importantes structures pédopsychiatriques d’Île‑de‑France. Au fil des années, son image a été affectée par des tensions internes, notamment entre équipes favorables aux approches psychanalytiques — traditionnelles dans une partie de la psychiatrie française — et praticiens défendant des méthodes comportementales et développementales plus standardisées.
La controverse intervient après des alertes récentes de la contrôleure des lieux de privation de liberté, qui avait déjà signalé la persistance d’atteintes aux droits des enfants hospitalisés en psychiatrie, mettant en lumière des pratiques d’isolement et de contention jugées trop fréquentes.
Un changement de pratiques demandé par les autorités
Outre la suspension, l’ARS exige que l’établissement garantisse la disparition de ces pratiques et intègre les recommandations actualisées de bonne pratique. En parallèle, la **Haute Autorité de Santé** a récemment précisé que l’approche psychanalytique n’est pas recommandée pour la prise en charge de l’autisme, faute de preuves suffisantes d’efficacité — un élément qui alimente le débat sur l’orientation des soins dans certains services.
Ce dossier soulève des questions plus larges sur l’organisation des soins pédopsychiatriques en région : capacités d’accueil, formats alternatifs d’hospitalisation, formation des équipes et supervision des pratiques. Les familles, les professionnels et les autorités sanitaires suivront de près les modalités de remplacement des prises en charge et les mesures concrètes mises en œuvre par la Fondation Vallée pour se conformer aux recommandations nationales.
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