À quelques jours de la présentation du projet de loi de finances 2027, environ une centaine de personnes se sont rassemblées mardi devant le ministère de l’Économie à Paris pour réclamer plus de moyens contre le dérèglement climatique. Les organisateurs, un collectif d’une cinquantaine d’associations, syndicats et étudiants, ont mis en avant l’urgence après un été exceptionnellement chaud et des incendies à répétition.
Sur une remorque transformée en estrade, des porte-parole de France Nature Environnement, de la Ligue des droits de l’homme et du Syndicat des sapeurs-pompiers volontaires ont successivement pris la parole pour appeler le gouvernement à changer de cap budgétaire.
Des revendications ciblées sur le budget
Les manifestants demandent notamment le rétablissement du Fonds vert aux montants alloués en 2024. Ce fonds, destiné à financer des projets locaux d’adaptation et de transition, avait atteint 2,5 milliards d’euros en 2024, avant d’être fortement réduit en 2026.

Pour l’exercice en cours, l’exécutif a annoncé l’annulation de 500 millions d’euros de crédits, touchant plusieurs programmes liés à l’écologie et au service public de l’énergie, afin de financer un plan d’urgence pour l’agriculture. Selon les militants, ces coupes affaiblissent la capacité du pays à faire face aux épisodes climatiques extrêmes.
Axèle Gilbert, chargée de plaidoyer chez France Nature Environnement, a résumé la position du collectif en demandant un budget « à la hauteur de l’urgence climatique », tandis que certains manifestants brandissaient une couverture de survie étiquetée « symbole de l’inaction climatique » et une pancarte évoquant « +7 300 décès » liés à la canicule.
Santé et adaptation : des mesures concrètes réclamées
Le rassemblement a aussi mis l’accent sur la santé environnementale. Thierry Amouroux, porte-parole du Syndicat national professionnel des infirmiers CFE-CGC, a insisté sur le lien entre conditions climatiques et problèmes de santé chroniques — asthme, maladies métaboliques, cancers — et sur la nécessité d’actions pragmatiques.
Plutôt que des promesses générales, les soignants demandent des solutions applicables « à moyens constants » : repérer et soutenir les personnes vulnérables à domicile lors des vagues de chaleur, ou financer des travaux pour rendre les logements résistants aux fortes températures.
- Restaurer le Fonds vert aux niveaux de 2024 pour financer les projets locaux.
- Annuler les coupes affectant l’écologie et le service public de l’énergie.
- Mettre en place un repérage systématique des personnes fragiles avant et pendant les canicules.
- Soutenir l’adaptation des logements et infrastructures face aux vagues de chaleur.
- Garantir des financements pérennes pour la prévention des risques liés aux incendies et aux événements extrêmes.
Jean‑François Julliard, directeur général de FNE, a appelé à prolonger la mobilisation jusqu’au vote parlementaire du budget, estimant que la réaction du gouvernement au récent été caniculaire restait insuffisante.
Matignon finalise actuellement les arbitrages pour le budget 2027, dont la présentation est prévue le 30 septembre. Pour les organisations réunies mardi, ce calendrier rend les prochaines décisions décisives : elles disent voir dans le projet de loi de finances un test réel de la volonté politique à prioriser l’adaptation et la prévention.
À l’approche des prochaines négociations climatiques internationales, les acteurs associatifs considèrent que la séquence budgétaire française fournira un signal sur la capacité du pays à traduire les alertes climatiques en moyens concrets.
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