Face aux vives tensions diplomatiques entre Pretoria et Abuja liées aux récentes attaques xénophobes, la chanteuse sud‑africaine Tyla a retiré la halte de Lagos de sa tournée mondiale. Ce retrait met en lumière les répercussions immédiates des crises politiques et sécuritaires sur la scène musicale africaine.
La date nigériane, initialement inscrite parmi les étapes de la tournée A*POP, a disparu du calendrier officiel de l’artiste vendredi matin, sans annonce expliquant ce changement. Sur les réseaux sociaux, des voix nigérianes avaient appelé au boycott du concert, quelques jours avant la suppression.
La décision intervient alors que l’Afrique du Sud traverse une série d’affrontements et de violences ciblant des étrangers, événements qui ont enflammé les relations avec plusieurs pays africains. Face à une montée du chômage — au‑delà de 30 % selon les dernières estimations nationales — les migrants sont fréquemment désignés comme boucs émissaires lors de ces mouvements.
« Detty December »
La date de Lagos avait été programmée pendant la période festive surnommée Detty December, moment clef pour les concerts et festivals au Nigeria. Sa disparition du site de la tournée, constatée le 31 juillet au matin, prive donc la capitale économique d’une affiche attendue pour cette période à forte affluence culturelle.
Sur le plan diplomatique, Abuja et d’autres capitales comme Accra ont publiquement critiqué la gestion par Pretoria des vagues d’hostilité contre les migrants. Cette semaine, des représentants nigérians ont rencontré des hauts responsables sud‑africains au ministère des Affaires étrangères, signe que le dossier est désormais traité au plus haut niveau.
- Annulation : la date de Lagos retirée du calendrier de Tyla sans explication officielle.
- Contexte : recrudescence d’attaques xénophobes en Afrique du Sud, liée à la crise de l’emploi.
- Diplomatie : tensions entre Pretoria et plusieurs pays africains, dont le Nigeria et le Ghana.
- Flux de population : selon un décompte de l’AFP, plus de 160 000 personnes ont quitté l’Afrique du Sud depuis fin mai, dont environ 1 500 Nigérians.
- Conséquences culturelles : risque pour les tournées, annulations potentielles et difficulté pour les promoteurs à garantir sécurité et logistique.
Les autorités sud‑africaines font état d’au moins quatre ressortissants étrangers tués dans des attaques liées aux manifestations anti‑migrants, tandis que des gouvernements ayant organisé des rapatriements évoquent des bilans plus lourds. Ces chiffres — rappelés par l’AFP — montrent l’ampleur d’un mouvement qui a déjà entraîné des retours massifs vers plusieurs pays africains.
Pour l’heure, aucune information publique n’a confirmé un report ou un remboursement pour le concert de Lagos. Les promoteurs et la billetterie concernés n’ont pas communiqué de détails accessibles au moment de la publication.
L’annulation illustre une réalité simple : les crises sociales et diplomatiques reconfigurent rapidement les calendriers culturels. À court terme, les artistes et organisateurs devront composer avec des exigences accrues en matière de sécurité et avec des tensions interétatiques susceptibles d’affecter la circulation des événements à travers le continent.
Reste à suivre les réactions officielles de l’entourage de l’artiste et des autorités nigérianes — ainsi que l’évolution de la situation en Afrique du Sud — pour mesurer l’impact concret sur la tournée et sur la coopération culturelle régionale.
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