La session plénière du GIEC à Addis‑Abeba n’a pas permis de trancher sur le calendrier ni sur le financement du prochain grand état des lieux scientifique, a annoncé lundi son président : le groupe sera reconvoqué dans les meilleurs délais. Ce blocage survient au moment où la prochaine édition des négociations climatiques pourrait avoir besoin de ces conclusions pour guider des décisions majeures.
La France a réagi vivement, rappelant que le travail des experts est indispensable pour orienter les politiques publiques et donner corps à l’Accord de Paris. Retarder la diffusion de la nouvelle évaluation, selon Paris, risquerait de priver les décideurs d’éléments scientifiques récents au moment où ils doivent fixer des objectifs et des bilans.
Les rapports du GIEC, publiés environ tous les cinq à sept ans, servent de référence mondiale sur l’état du climat. La préparation de la septième édition — l’AR7 — est aujourd’hui au cœur d’un différend politique : plusieurs délégations réclament une publication en 2028 pour alimenter la préparation du deuxième « bilan mondial » attendu à la COP33, tandis que d’autres plaident pour un report à 2029 afin d’intégrer des données et contributions supplémentaires, en particulier de pays en développement.
Un blocage sur le calendrier et les moyens
Au cours de la session, la plupart des points à l’ordre du jour ont été traités — y compris l’adoption d’un nouveau cadre destiné à encadrer l’usage de l’intelligence artificielle dans les travaux — mais deux sujets clefs restent sans accord : le calendrier des contributions des trois groupes de travail pour l’AR7 et le budget nécessaire pour mener à bien l’exercice. Le président Jim Skea a souligné qu’une nouvelle réunion plénière serait organisée « dès que possible » pour clore ces dossiers.
Le dépassement du programme a eu un effet tangible : plusieurs délégations, notamment des petits États insulaires et des pays très exposés aux risques climatiques, ont dû partir avant la fin des débats. Selon la direction du GIEC, une représentation complète est essentielle pour garantir que l’évaluation soit à la fois robuste et représentative des besoins de tous les pays.
- Positions des États : certains plaident pour une publication en 2028 afin d’éclairer la COP33 ; d’autres (dont l’Inde, la Chine et l’Arabie saoudite) favorisent 2029 pour plus d’inclusivité scientifique.
- Conséquences politiques : sans le rapport à portée, les négociations de 2028 risquent de s’appuyer sur des éléments scientifiques moins récents.
- Questions pratiques : le budget du GIEC et la façon d’intégrer de nouvelles contributions scientifiques restent à décider.
Les précédentes évaluations donnent le tempo : l’AR6 était paru en 2021. Pour de nombreux scientifiques impliqués dans l’AR7, reporter la publication au‑delà des processus décisionnels majeurs reviendrait à réduire l’utilité même du travail réalisé.
Dans une lettre ouverte, 117 experts mobilisés sur l’AR7 ont alerté que « face à l’urgence climatique, une évaluation publiée après les décisions qu’elle doit éclairer ne peut remplir sa mission ». Leur message renforce la pression sur les négociateurs : aligner le calendrier scientifique et le calendrier politique apparaît crucial pour éviter un décalage préjudiciable.
Prochaine étape : la reconvocation de la plénière pour trancher ces points. Le calendrier précis de cette réunion n’a pas été fixé publiquement, mais son issue déterminera si la communauté internationale disposera, à temps, d’un état des connaissances consolidé pour aborder les discussions climatiques à venir.
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