Pour la première fois, la France accueille en même temps les Journées nationales d’étude de l’ANPDE et le Congrès européen de puériculture (PNAE), un rendez‑vous inédit qui intervient au moment où la « loi infirmière 2025 » redessine les contours de la profession. Cette cohabitation internationale soulève des questions concrètes pour l’organisation des soins pédiatriques et pour les professionnels qui les assurent.
Un sommet professionnel au cœur des réformes
Pendant trois jours, des équipes de soins, des chercheurs et des responsables institutionnels se retrouvent à Paris et Issy‑les‑Moulineaux pour débattre des pratiques et des compétences en santé de l’enfant. L’événement prend une dimension particulière car il s’inscrit dans la mise en œuvre récente de la loi infirmière 2025, qui modifie l’accès aux soins, élargit certaines prérogatives et encourage le développement de modalités comme la consultation infirmière et la prescription élargie.
Ces changements ne sont pas théoriques : ils interrogent la répartition des tâches entre professionnels, la formation (y compris les réflexions autour d’un niveau master) et l’organisation des parcours de santé, de la prévention aux soins de suivi. Pour les puéricultrices et infirmières pédiatriques, l’enjeu est d’adapter leurs pratiques à un cadre légal et institutionnel en mutation.
Des débats pilotés autour du quotidien des enfants
La conférence d’ouverture doit réunir plusieurs personnalités politiques et parlementaires — leurs interventions, si elles se confirment, marqueront l’attention portée par les pouvoirs publics aux enjeux de la santé infantile. Au‑delà des gestes techniques, il s’agit de penser des parcours plus fluides pour les enfants, les adolescents et leurs familles.
La Tribune des actualités, point d’orgue des débats, rassemblera juristes, universitaires et représentants professionnels pour analyser les conséquences concrètes de la réforme sur la spécialité puéricultrice et sur la montée en responsabilité des infirmières.
Parmi les thèmes attendus lors des discussions :
- les incidences de la loi infirmière 2025 sur les pratiques pédiatriques ;
- l’évolution du statut et des compétences en pratique avancée ;
- les besoins en formation supérieure (discussion autour du master) ;
- la coopération entre acteurs de santé à l’échelle européenne.
Des voix nationales et européennes au même pupitre
La table ronde réunira des acteurs politiques et scientifiques — députés, spécialistes de l’enseignement infirmier, responsables associatifs et conseillers au ministère — pour confronter points de vue et propositions pratiques. Les interventions sont attendues sur des sujets concrets : coordination des soins, prévention, continuité des parcours et mécanismes de prescription.
Le juriste présent lors des travaux souligne, en substance, que l’orientation de l’ANPDE privilégie une approche centrée sur l’usager plutôt que sur des logiques corporatistes. Selon lui, la priorité doit rester l’intérêt général : articuler prévention, éducation thérapeutique et prise en charge afin d’éviter ruptures de parcours et renoncements aux soins.
Un échange européen pour repenser les pratiques
La présence simultanée du Congrès PNAE donne à l’événement une vocation transnationale : partager retours d’expérience, innovations pédagogiques et modèles d’organisation entre pays. Les délégations abordent notamment la prévention, la santé mentale des jeunes, la protection de l’enfance et les outils de simulation pour la formation.
- Santé mentale et parentalité
- Recherche en soins pédiatriques
- Innovation pédagogique : simulation et réalité virtuelle
- Comparaisons internationales des pratiques et des métiers
- Prévention et accompagnement des familles
Pour les professionnels sur le terrain, ces échanges peuvent déboucher sur des pistes opérationnelles : circuits de coordination clarifiés, nouvelles responsabilités pour les infirmières spécialisées, et méthodes pédagogiques adaptées aux réalités cliniques actuelles.
Au‑delà du cercle professionnel, les décisions et orientations qui sortiront de ces journées auront des répercussions directes pour les familles et les jeunes patients : meilleur accès aux soins, prise en charge plus coordonnée et, potentiellement, une réduction des situations de rupture ou d’errance sanitaire.
Par Corinne Pauline Nkondjock
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