La France présentera à Santa Marta, les 28 et 29 avril, sa propre feuille de route pour réduire l’usage des combustibles fossiles, un document censé synthétiser des engagements déjà adoptés et orienter les choix politiques à court terme. Cette annonce intervient alors que les tensions internationales remettent sur la table la question de la dépendance énergétique et de ses conséquences climatiques.
Le ministère de la Transition écologique a précisé lundi que le dossier français soumis aux discussions n’est pas une série de nouvelles promesses, mais plutôt une consolidation des mesures existantes et des priorités nationales. Selon un document de 14 pages transmis à l’AFP, il reprend notamment les éléments de la Stratégie nationale bas-carbone (SNBC), déjà mise à jour en décembre, et formalise l’objectif de parvenir à la neutralité carbone en 2050.
Objectifs chiffrés et réalité récente
La stratégie actualisée fixe une cadence de réduction des émissions de l’ordre de 5 % par an sur la période 2024-2028 pour se remettre sur la trajectoire de la neutralité. Ce rythme contraste toutefois avec la performance de 2023 : les émissions françaises auraient diminué d’environ 1,6 %, soit nettement en deçà du chemin nécessaire.
Le document met aussi en lien ces cibles avec la récente Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE), qui mise sur un renouveau du parc nucléaire et sur une plus grande part d’électricité décarbonée dans la consommation. Ces choix techniques et industriels détermineront en grande partie la capacité de la France à réduire rapidement ses émissions.
Une réunion internationale inédite
Plus de cinquante pays participent à la conférence de Santa Marta, qui rassemble un mélange inédit d’États producteurs d’hydrocarbures, de grandes économies émergentes et de petits États vulnérables au changement climatique. La rencontre vise à élaborer des recommandations collectives pour une sortie progressive des énergies fossiles, un processus co-piloté ensuite par le Brésil.
- Contenu français : synthèse des politiques nationales et de la SNBC, alignée sur l’objectif 2050.
- Ambition chiffrée : -5 % d’émissions par an entre 2024 et 2028 selon la feuille de route française.
- Contexte énergétique : renforcement du nucléaire et priorité à l’électricité bas carbone via la PPE.
- Dimension internationale : participation de plus de 50 pays, dont Australie, Canada, Norvège, Angola, Mexique, Brésil, Turquie, Vietnam et petits États insulaires.
La réunion intervient dans un climat géopolitique tendu : la guerre en Iran a ravivé les inquiétudes sur la sécurité d’approvisionnement et la vulnérabilité des économies fortement liées au pétrole, au gaz et au charbon. Pour les gouvernements, l’enjeu est double : réduire les émissions et renforcer la résilience énergétique.
Sur le plan pratique, la feuille de route française devrait servir de référence lors des échanges de haut niveau à Santa Marta et alimenter les travaux internationaux vers une trajectoire commune de sortie des combustibles fossiles. Les recommandations issues de la conférence sont destinées à être intégrées dans un plan plus large coordonné par le Brésil, qui a porté la COP30 l’an dernier.
Selon l’AFP.
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