Dominique A a annoncé mardi 28 avril qu’il refusait désormais de se produire dans certaines salles parisiennes liées à Vincent Bolloré, geste publié sur ses réseaux et directement lié à la crise qui secoue la maison d’édition Grasset. Cette décision relance le débat sur l’indépendance culturelle et les liens entre propriétaires de médias et artistes.
Dans son message, l’auteur-compositeur explique, à titre personnel, qu’il n’ira plus jouer dans les salles parisiennes détenues par le groupe autour de Vincent Bolloré, en citant notamment L’Olympia et le Casino de Paris. Ces établissements, symboles de la scène musicale parisienne, sont aujourd’hui rattachés à des sociétés contrôlées par l’homme d’affaires.
À 57 ans, Dominique A connaît bien ces planches : il a fait sa première apparition à L’Olympia en 1996 et y est retourné en 2023 après la sortie de son quinzième album, Le Monde réel. Son geste s’inscrit donc autant dans un choix d’éthique que dans une histoire artistique personnelle.
Les raisons invoquées
Le point de départ affiché par l’artiste est la polémique autour de Grasset : la révocation d’Olivier Nora, directeur pendant 26 ans, a provoqué la colère d’environ 200 auteurs qui ont signé une lettre commune. Dominique A reproche au propriétaire — qu’il qualifie lui-même — d’agir pour favoriser une orientation politique qui lui déplaît, et il étend son boycott aux boutiques Relay gérées par une filiale du même groupe.
Le remous a pris une dimension nationale : des voix du monde littéraire et politique, y compris au plus haut niveau de l’État, ont appelé au respect du pluralisme éditorial. Pour beaucoup d’auteurs, la mise à l’écart d’un directeur historique a été vécue comme un signal préoccupant sur l’autonomie des maisons d’édition.
- Pour le public : des annulations ou des changements de salle possibles pour les concerts à venir si d’autres artistes suivent le mouvement.
- Pour les auteurs : renforcement de la vigilance sur l’indépendance éditoriale et multiplication des mobilisations collectives.
- Pour les lieux culturels : pression accrue pour clarifier leurs liens financiers et politiques afin d’éviter les ruptures programmatiques.
- Pour les voyageurs : boycott des points de vente Relay dans gares et aéroports, ce qui pourrait impacter l’offre commerciale disponible dans ces espaces.
Ce type d’exclusion volontaire n’est pas nouveau dans les milieux culturels, mais il gagne en visibilité lorsqu’il implique des institutions emblématiques et des groupes médias puissants. Les positions des artistes peuvent peser sur la réputation des propriétaires et sur les choix de programmation des festivals ou salles privées.
Reste à savoir si d’autres figures de la chanson ou du livre emboîteront le pas. À court terme, l’annonce de Dominique A pose une question concrète : comment concilier l’accès aux grandes salles parisiennes — souvent concentrées entre quelques acteurs économiques — et le désir d’autonomie des créateurs ?
La situation mérite une attention soutenue : elle illustre les tensions actuelles entre concentration des médias, enjeux politiques et vie culturelle. Les prochains jours décideront si cet appel à la sélectivité se limite à des prises de position individuelles ou s’il amorce une dynamique collective plus large.
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