Le streaming domine désormais l’écoute musicale, mais son empreinte environnementale suscite de plus en plus de questions — surtout à mesure que le marché continue de croître. En 2025, la progression du secteur en France rapproche l’industrie musicale d’un dilemme: comment concilier accessibilité et durabilité ?
Le paysage commercial a changé radicalement : selon le Syndicat national de l’édition phonographique (Snep), le chiffre d’affaires du secteur a augmenté en 2025, porté principalement par le numérique. La consommation dématérialisée représente aujourd’hui une part très majoritaire des revenus, et des plateformes comme Spotify rassemblent chaque mois plusieurs centaines de millions d’utilisateurs.
Où se cache l’impact réel du streaming ?
Les études récentes montrent que l’empreinte du streaming ne vient pas surtout des data centers ou du réseau, mais de la fabrication des appareils utilisés pour écouter la musique. L’Agence de la transition écologique (Ademe) met en avant que la production des terminaux — smartphone et enceintes — pèse de façon prépondérante dans le bilan environnemental.
Concrètement, multiplier les équipements augmente fortement la facture carbone. L’Ademe souligne qu’une heure d’écoute sur un smartphone se situe dans une fourchette bien différente d’une heure d’écoute lorsque l’on ajoute une chaîne Hi‑Fi : le bilan par heure peut alors doubler, inversant l’avantage écologique que l’on attribue communément au streaming.
- Streaming sur smartphone seul : ordre de grandeur d’une quarantaine de grammes de CO2 équivalent par heure (estimation Ademe).
- Streaming via smartphone + chaîne Hi‑Fi : l’empreinte peut dépasser les 80 g CO2e/heure et devenir plus élevée que celle d’un CD.
- Production d’un vinyle : des estimations situent l’impact autour de quelques centaines de grammes de CO2 par disque fabriqué.
Les supports physiques ne sont pas la panacée
Le retour en force du vinyle et la nostalgie du CD ne suffisent pas à régler le problème : la fabrication de ces objets repose sur des matériaux issus de la pétrochimie ou du polycarbonate, dont la production est énergivore. Un disque ou un compact disc ne devient écologiquement vertueux qu’après un très grand nombre d’écoutes — un seuil qui dépend directement de l’intensité et de la durée d’utilisation.
Autre point souvent négligé : le transport des supports physiques, les impressions et les emballages alourdissent aussi le bilan. À l’inverse, des alternatives émergent — matières biosourcées, plastiques recyclés, enregistrements en formats moins gourmands — mais elles sont encore marginales et ne suppriment pas automatiquement tous les impacts.
Que peuvent faire les auditeurs ?
Il n’existe pas de réponse unique applicable à tous. Le choix le plus vert dépend surtout de votre équipement et de vos habitudes d’écoute : la meilleure option consiste souvent à prolonger la durée de vie de ses appareils et à limiter l’achat d’équipements supplémentaires.
Quelques réflexes simples à envisager :
- Conserver et réparer son smartphone ou sa chaîne Hi‑Fi plutôt que d’acheter du matériel neuf.
- Privilégier l’écoute via des appareils déjà en service plutôt que d’ajouter des enceintes connectées si l’usage n’est pas indispensable.
- Penser à la radio ou aux diffusions locales pour des écoutes moins énergivores quand le contexte le permet.
- Soutenir les initiatives de l’industrie qui développent des formats et matériaux moins impactants.
La lecture attentive des bilans publiés par des organismes comme l’Ademe et le Snep reste utile pour suivre l’évolution des pratiques et des technologies. À court terme, c’est la durée de vie des appareils et la judiciousité des usages qui feront la plus grande différence pour réduire l’empreinte de notre consommation musicale.
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