Le budget reste le facteur déterminant quand il s’agit de choisir une voiture : une étude internationale publiée mardi montre que le prix prime nettement sur l’empreinte écologique ou le lieu de fabrication. Ces résultats, qui combinent préférences et tensions actuelles sur les coûts de carburant, dessinent aussi des évolutions notables vers l’électrique.
Le prix, critère numéro un
Selon l’Observatoire Cetelem de l’automobile 2027, réalisé auprès de 15 770 conducteurs dans 13 pays — dont plus de 3 000 Français —, **le prix** arrive en tête des motifs d’achat. Il est cité par une large part des répondants, surtout sur le marché de l’occasion.

| Critère | Voitures neuves (%) | Occasions (%) |
|---|---|---|
| Prix | 39 | 52 |
| Sécurité | 32 | 26 |
| Fiabilité | 27 | 25 |
| Marque | 18 | 16 |
| Impact environnemental | 10 | 7 |
| Pays de production | 6 | 4 |
Ces chiffres montrent que la sécurité et la robustesse restent des préoccupations importantes, mais loin derrière le coût d’achat et d’usage.
Nationalisme des marques : un attachement conditionnel
La préférence pour les marques nationales existe, mais elle s’effrite face à la contrainte budgétaire. En France, la moitié des personnes interrogées place le prix en premier pour l’achat d’une voiture neuve ; 48% disent privilégier une marque locale, mais 71% ont déjà renoncé à une marque pour des raisons financières.

À modèle et équipement comparables, une majorité des automobilistes — six sur dix — choisiraient une marque étrangère si elle est moins chère. Cette opacité se heurte parfois à une faible connaissance de la structure capitalistique des constructeurs : plusieurs répondants ignorent, par exemple, que des marques naguère européennes telles que MG ou Volvo appartiennent aujourd’hui à des groupes chinois.
Sur l’ensemble des pays sondés, 76% accepteraient de payer un léger supplément (autour de 5%) pour acheter une voiture nationale ou régionale. L’attachement est le plus marqué au Japon (83%), puis en Allemagne (53%), en Chine (52%) et aux États-Unis (51%).
Vers l’électrique et l’hybride, poussée par le coût du carburant
En France, près d’un tiers des conducteurs déclarent envisager un achat dans l’année à venir, malgré un marché encore fragile. La flambée des prix des carburants influence clairement les intentions : 60% des Français interrogés envisagent un véhicule électrique ou hybride.
Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire, a souligné en conférence de presse que la fermeture du détroit d’Ormuz a accéléré la transition vers l’électrique sur le segment des véhicules neufs, avançant la trajectoire de deux à trois ans.
Par ailleurs, l’ouverture aux constructeurs chinois progresse : 37% des Français se disent prêts à acheter un véhicule chinois, un niveau jugé élevé par les auteurs de l’étude au regard des réactions passées face à l’arrivée des constructeurs japonais et coréens sur les marchés européens.
Ces tendances illustrent un marché en mutation où les contraintes économiques pèsent plus lourd que les motifs identitaires ou environnementaux, au moins à court terme.
Étude : Observatoire Cetelem de l’automobile 2027 (13 pays, 15 770 répondants). Propos et éclairages : Flavien Neuvy, directeur de l’observatoire.
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