Mimie Mathy, figure familière de la télévision française, a annoncé qu’elle vit désormais en fauteuil roulant et que les médecins estiment qu’elle ne pourra plus remarcher. Sa confidence, faite sur le plateau de Sept à Huit, résonne au-delà du cercle intime : elle pose des questions concrètes sur l’adaptation du quotidien, la représentation des personnes en situation de handicap et l’avenir de ses projets artistiques.
Un diagnostic long et contraignant
À 69 ans, depuis sa maison de Vaison-la-Romaine, la comédienne a expliqué que son état s’est détérioré progressivement. Atteinte du syndrome de la queue-de-cheval, elle a subi plusieurs interventions chirurgicales — quatre opérations destinées à élargir le canal rachidien et libérer les nerfs responsables de la mobilité. Selon elle, les possibilités d’intervention sont maintenant épuisées.

C’est ce bilan médical qui l’a conduite à s’équiper d’un fauteuil et à accepter, avec difficulté puis détermination, une nouvelle façon de se mouvoir et de travailler. Elle a précisé que, sur le plan physique, seul un « miracle » pourrait changer ce pronostic, une éventualité à laquelle elle ne croit pas.
Un cheminement émotionnel partagé
La comédienne n’a pas caché son émotion : d’abord la colère, puis la lente digestion d’une réalité qu’elle jugeait injuste. Progressivement, elle dit avoir transformé cette douleur en moteur, cherchant à faire de son expérience une force plutôt qu’un renoncement.
Elle souligne aussi l’importance du soutien proche : son mari, l’aide professionnelle dont elle dispose à domicile, et l’entourage qui facilitent des gestes quotidiens désormais plus lourds. Pour elle, ces appuis modifient profondément le quotidien.
La carrière se réinvente
Plutôt que de se mettre en retrait, Mimie Mathy annonce qu’elle reste active. Elle prépare un nouveau spectacle qui puisera dans cette expérience personnelle et imaginera une entrée scénique marquante, selon ses propres images. Parallèlement, elle participe au développement d’une série dans laquelle elle interpréterait une avocate devenue en fauteuil après un attentat visant à la réduire au silence.

Le sort de son personnage emblématique reste flou : il n’y a pour l’heure aucun tournage de Joséphine, ange gardien prévu, mais la production dispose d’épisodes déjà enregistrés, a-t-elle précisé.
Ce que cela change — et pourquoi ça compte
- Accessibilité : adaptations nécessaires sur les plateaux, dans les salles de spectacle et lors des tournages.
- Représentation : une actrice populaire qui poursuit sa carrière depuis un fauteuil peut modifier les visions habituelles du handicap à l’écran.
- Organisation du travail : horaires, logistique et aides techniques à prévoir pour rendre les projets réalisables.
- Dialogue public : son témoignage relance le débat sur les soins, la prévention et la prise en charge des pathologies rachidiennes.
Le témoignage de Mimie Mathy a donc une portée collective : il rappelle que la vie professionnelle et artistique peut se poursuivre malgré des limitations physiques, tout en faisant apparaître des besoins concrets d’adaptation pour que cela soit viable.
Sans dramatiser, elle reste décidée à parler de son parcours sur scène et à l’écran, transformant une épreuve personnelle en matériau artistique. Pour ses fans et pour le milieu culturel, la question est désormais de savoir comment la technique et l’organisation permettront de garder sa voix et sa présence au premier plan.
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