Début juin, l’ADEME et GreenFlex ont publié leur Baromètre 2026 de la consommation responsable : un portrait qui confirme une tendance nette — les Français attendent désormais des entreprises qu’elles changent de cap. Cette évolution, portée par des préoccupations sanitaires et environnementales, pourrait peser sur les pratiques publicitaires, la stratégie produit des marques et les orientations politiques à court terme.
Un cap demandé aux entreprises
La nouveauté la plus marquante du baromètre est l’ampleur de la demande de transition : une large majorité des personnes interrogées juge nécessaire de remettre en question le modèle axé sur la croissance à tout prix. Concrètement, cela se traduit par une montée en puissance de la volonté de consommer moins plutôt que seulement « mieux ».
La défiance envers les grands groupes est révélatrice : moins de la moitié des sondés leur accordent leur confiance, signe d’une exigence accrue de transparence et d’authenticité de la part des marques.
Publicité : un champ sous pression
Le rapport met en lumière une attente forte vis‑à‑vis des autorités sur la régulation de la communication commerciale. Une majorité souhaite que l’État intervienne pour restreindre la publicité relative aux produits jugés les plus nocifs, tant pour la santé que pour l’environnement.
Plusieurs chiffres illustrent ce malaise face à l’omniprésence publicitaire et à son rôle dans la surconsommation. Les réponses montrent un désir net de réduire l’exposition publicitaire et d’encadrer les pratiques marketing qui favorisent le renouvellement permanent des objets.
La santé, premier moteur du changement
Ce qui pousse le plus les Français à modifier leurs comportements d’achat n’est pas seulement l’écologie : la santé personnelle arrive en tête. Une large part de la population affirme vouloir changer ses habitudes pour préserver son bien‑être.
L’attention portée aux contenus des produits alimentaires se renforce : l’usage d’applications et d’outils d’information avant l’achat progresse, et une majorité se dit prête à renoncer à un produit en cas de doute sanitaire.
- 81 % estiment que les entreprises doivent revoir leur modèle économique.
- 81 % souhaitent que les gouvernements imposent davantage de contraintes aux entreprises pour protéger l’environnement et les travailleurs.
- 79 % demandent l’interdiction de la publicité pour les produits les plus nocifs.
- 84 % jugent que la publicité est trop omniprésente et devrait être moins exposée.
- 87 % considèrent que les marques favorisent la surconsommation.
- 80 % citent la santé comme premier motif de changement de consommation.
- 65 % utilisent désormais des applications pour s’informer avant d’acheter (contre 57 % en 2023).
Pour les acteurs publics et privés, les implications sont concrètes : les entreprises pourraient devoir revoir leurs gammes, renforcer la traçabilité et modifier leurs messages commerciaux. Les autorités, elles, se trouvent sous pression pour définir de nouvelles règles, notamment sur la publicité des produits nuisibles.
Auprès de l’ADEME, des responsables soulignent que favoriser la promotion de produits bénéfiques pour la santé et l’environnement pourrait être un levier efficace pour répondre aux attentes citoyennes tout en soutenant des objectifs de santé publique et de transition écologique.
À court terme, les marques qui ignoreront ces signaux risquent de subir une érosion de confiance, tandis que celles qui adapteront leurs pratiques pourraient gagner en légitimité auprès d’un public de plus en plus informé et exigeant.
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