Un incident survenu lors de la cérémonie des BAFTA à Londres relance la discussion sur la visibilité et la compréhension du syndrome de Gilles de la Tourette. Un invité atteint de cette affection a proféré une injure raciste en direct : il dit être profondément affecté et plusieurs acteurs, la chaîne et des associations ont réagi dans les heures qui ont suivi.
L’homme impliqué, identifié comme John Davidson, a quitté la salle en expliquant qu’il mesurait la gêne que ses tics pouvaient provoquer. Il affirme également qu’un message diffusé avant l’enregistrement informait le public que certains comportements verbaux pouvaient être involontaires et ne reflétaient pas ses opinions personnelles.
Sur scène, l’insulte est survenue alors que les acteurs Michael B. Jordan et Delroy Lindo, présents pour remettre un prix lié aux effets spéciaux et au film Sinners, se trouvaient à l’estrade. Le présentateur de la soirée, Alan Cumming, a présenté des excuses sur place, mais la diffusion télévisée — en différé d’environ deux heures — n’a pas coupé l’extrait polémique.
La BBC a reconnu l’omission et indiqué qu’elle retirerait la séquence de la version proposée sur son service de rattrapage iPlayer. Un porte-parole a précisé que les propos provenaient de tics verbaux « associés au syndrome de Tourette » et n’étaient pas intentionnels, reprenant l’explication donnée lors de la cérémonie.
Contexte et réactions
L’Académie britannique des arts du film et de la télévision a présenté ses excuses à Michael B. Jordan, Delroy Lindo et « à toutes les personnes affectées ». L’organisation soutient qu’elle condamne l’insulte mais rappelle aussi la complexité du cas lorsque des troubles neurologiques entrent en jeu.
L’association Tourettes Action a exprimé sa compréhension de l’émotion suscitée par l’événement tout en insistant sur un point essentiel : les tics sont, par définition, involontaires. Selon elle, des mots prononcés sous l’effet de ces tics peuvent être contraires à la pensée et aux valeurs de la personne qui les émet, et générer une grande détresse.
- Pour les diffuseurs : nécessité d’un contrôle éditorial renforcé et de procédures claires pour couper des séquences problématiques même en différé.
- Pour le grand public : rappel que certains comportements verbaux peuvent résulter d’un trouble médical et ne pas traduire des convictions personnelles.
- Pour les personnes concernées : risque accru de stigmatisation et besoin de soutien, notamment en termes d’éducation et d’accompagnement.
John Davidson, qui vit avec des tics moteurs et vocaux caractéristiques du syndrome de Tourette, est aussi la figure ayant inspiré le personnage principal du film I Swear. L’interprète du rôle, Robert Aramayo, a reçu une récompense lors de la cérémonie, un contexte qui rend l’affaire encore plus délicate pour les organisateurs.
Dans ses déclarations, Davidson affirme ne pas vouloir se rétracter sur son engagement : il dit consacrer une partie de sa vie à défendre et à expliquer la réalité des personnes atteintes de ce syndrome, prônant la compassion et la compréhension. Il ajoute qu’il entend poursuivre ce travail malgré la polémique.
Ce cas met en lumière des questions concrètes : comment concilier tolérance zéro face aux propos racistes et prise en compte des mécanismes neurologiques, et quelles mesures doivent être prises par les événements diffusés pour prévenir et gérer de tels incidents à l’avenir.
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