Sorti en salles mercredi 23 septembre, le nouveau film de Jeanne Herry change de décor tout en prolongeant ses préoccupations humaines : plutôt qu’un récit d’enfermement, Garance explore l’alcoolisme au cœur d’une vie sociale apparemment ordinaire. Le film met en scène les tensions entre une personne dépendante et le cercle qui l’entoure — une perspective rare qui interroge notre rapport collectif à l’alcool.
Un personnage au centre d’une vie bien visible
Adèle Exarchopoulos incarne Garance, une jeune comédienne parisienne dont la consommation est chiffrée à l’écran : l’équivalent de deux à trois litres de vin quotidiennement. Malgré des épreuves personnelles — maladie d’un proche, rupture, interruption d’une grossesse — elle continue de mener une existence active, ce qui brouille l’image classique de l’addiction.

Cet angle privilégie l’idée d’une alcoolisme fonctionnel : une dépendance peu dissimulée, intégrée au quotidien, qui interroge la façon dont la société repère (ou ignore) la souffrance derrière la convivialité.
L’entourage sous la loupe
Le film ne se contente pas d’un portrait individuel. Il sonde les réactions de ceux qui côtoient Garance : rejet, réprobation, culpabilité ou bienveillance — chacune avec ses limites et ses contradictions.
- Le rejet : certains prennent distance, parfois pour se protéger.
- La moralisation : d’autres tentent d’imposer des leçons, sans forcément être entendus.
- La culpabilité : des proches se sentent responsables, impuissants.
- L’acceptation douce : quelques personnages cherchent à accompagner sans briser, même si la fatigue apparaît.
Documenter sans caricaturer
Jeanne Herry explique avoir construit son scénario à partir d’un témoignage direct et de ses observations personnelles, puis l’avoir fait relire par des professionnels de l’addictologie. L’objectif : saisir une singularité plutôt que livrer un portrait générique.
Retour des spécialistes : certains éléments surprennent, comme l’absence immédiate d’un désir irrépressible de boire lors d’une tentative d’arrêt. Le film montre néanmoins la fragilité de cette accalmie — la rechute pointe quelques mois plus tard, rendant compte de la complexité clinique réelle.
Un couple et des équilibres précaires
La relation amoureuse entre Garance et Pauline, interprétée par Sara Giraudeau, occupe une place centrale. Au début, l’attirance prime et l’acceptation semble totale. Mais l’équilibre établi au départ peut s’effriter, la dépendance prenant progressivement plus de place dans la vie à deux.

| Personnage | Interprète | Position vis‑à‑vis de l’addiction |
|---|---|---|
| Garance | Adèle Exarchopoulos | Consommatrice quotidienne, intégrée socialement |
| Pauline | Sara Giraudeau | Compagne aimante, confrontée aux conséquences sur le couple |
| Le médecin | (personnage du film) | Voit des éléments rares et met en garde contre la rechute |
Quelle portée pour le public ?
La réalisatrice se refuse à transformer le film en manuel thérapeutique, mais elle espère susciter une réflexion. Sur le tournage, la question de la propre consommation a été abordée par l’équipe, signe que la fiction peut provoquer un examen personnel.
Un spectateur, présent à une avant‑première, a confié être resté plusieurs mois sans boire après la projection — un exemple anecdotique mais révélateur : le film peut aider certains à repenser le rôle de l’alcool dans leur quotidien.
Sur le plan social, Garance pose une mise en garde implicite : l’alcool est à la fois profondément banalisé et potentiellement destructeur. Montrer une personne « qui fonctionne » avec sa dépendance met en lumière la difficulté — individuelle et collective — à détecter et accompagner la souffrance avant qu’elle ne s’aggrave.
Le parti pris artistique
Jeanne Herry dit préférer des récits où même les personnages en difficulté conservent une porte de sortie. Elle refuse le cynisme à tout prix : la tension, l’épreuve et, simultanément, l’espoir forment la matrice de son cinéma. Ce choix influe sur la tonalité du film — ni apologie, ni réquisitoire, mais un portrait humain et nuancé.
En choisissant de montrer l’addiction dans un contexte social ordinaire, Garance invite à repenser les réponses collectives — familiales, médicales, culturelles — que nous apportons à l’addiction aujourd’hui.
Articles similaires
- Raya Martigny secoue le grand écran avec Les matins merveilleux : une promesse de changement
- Ne combinez plus l’alcool et les médicaments : voici les dangers que vous courez !
- Tom Cruise chamboule son image dans Digger: un film inégal mais captivant
- Le Mexique : La femme qui a inspiré le personnage de « Mama Coco » dans le film « Coco » est décédée.
- Hugh Jackman suscite déjà la polémique avec son Robin des Bois










