Près de 200 pays se retrouvent cette semaine à Erevan pour la 17e conférence mondiale sur la biodiversité, avec une double urgence : rattraper des objectifs largement manqués et dégager des financements cruciaux. Ce rendez‑vous intervient alors que la perte d’espèces et la dégradation des écosystèmes s’accélèrent, rendant les décisions prises ici immédiatement déterminantes pour la sécurité alimentaire, le climat et les économies locales.
Ouverte sous l’égide de l’ONU, la COP17 a pour tâche de redonner de l’élan au cadre dit Kunming‑Montréal, adopté en 2022 et fondé sur 23 cibles ambitieuses à atteindre d’ici la fin de la décennie. Mais un bilan préliminaire rendu public avant l’ouverture montre que la plupart de ces objectifs accusent un retard significatif.
Les organisateurs et les délégations reconnaissent la difficulté : tensions budgétaires, recul de l’aide publique au développement et un multilatéralisme fragilisé compliquent la mise en œuvre sur le terrain. À Erevan, les dirigeants ont été appelés à transformer les engagements politiques en mesures tangibles — un passage à l’acte jugé indispensable par des responsables onusiens et des ONG présentes.
Où en est‑on ?
Le constat est simple et alarmant : extinction d’espèces, dégradation des forêts et des récifs coralliens, multiplication des événements météorologiques extrêmes. Parmi les cibles les plus en souffrance figurent notamment la réduction des aides publiques qui nuisent à la nature et le renforcement des droits des peuples autochtones.

| Objectif | Situation actuelle (bilan préliminaire) |
|---|---|
| Protection des zones terrestres et marines | En retard |
| Réduction des subventions dommageables | En retard (fortes subventions aux énergies nuisibles) |
| Reconnaissance et protection des populations autochtones | En retard |
| Objectifs financiers internationaux | Insuffisants |
| Une seule cible | Approche des objectifs selon le rapport préliminaire |
Les chiffres éclairent les enjeux financiers : les subventions publiques aux activités nuisibles à la nature — principalement les fossiles — sont estimées à environ 2 600 milliards de dollars par an. Le cadre international prévoit une réduction substantielle, de l’ordre de plusieurs centaines de milliards d’ici 2030, mais les engagements concrets restent flous.
Les priorités sur la table
Plusieurs thèmes domineront les négociations au cours des prochaines jours. Les délégations doivent notamment s’accorder sur :
- des mécanismes de financement plus robustes pour aider les pays en développement ;
- la feuille de route pour diminuer les subventions nuisibles, en particulier aux combustibles fossiles ;
- des garanties pour les droits des communautés autochtones et l’accès aux ressources naturelles ;
- des indicateurs mesurables permettant de suivre les progrès de façon transparente.
La participation des grandes économies — en particulier la Chine et les autres pays émergents — sera déterminante pour combler le « déficit de financement mondial » dénoncé par plusieurs ministres présents. Les pays développés, de leur côté, pressent ces acteurs d’en faire davantage pour partager la charge financière et technique.
À cela s’ajoute un contexte international tendu : la baisse récente de l’aide publique au développement et la montée des priorités nationales rendent la mobilisation de fonds plus délicate. Pour les ONG et certains responsables onusiens, le succès se mesurera à la capacité des États à convertir les promesses en actions mesurables, et non à la quantité de déclarations politiques.
Les prochains jours seront donc scrutés pour trois signaux concrets : un accord crédible sur le financement, des engagements chiffrés pour réduire les subventions aux énergies fossiles, et des dispositifs de suivi renforcés. Sans ces éléments, les observateurs estiment que la COP17 risque de rester un simple point d’étape, alors même que la biodiversité continue de se dégrader à un rythme alarmant.
D’ici la clôture, la capacité des pays à franchir le pas, à établir des calendriers réalistes et à garantir des ressources financières déterminera si cette conférence parviendra à inverser la tendance ou si le monde s’en tiendra à des déclarations insuffisantes face à une crise écologique croissante.
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