La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, a annoncé lundi à Haguenau qu’elle engagerait à la rentrée un combat pour obtenir des moyens financiers renforcés destinés à l’Office national des forêts. L’enjeu est immédiat : préparer et protéger des espaces boisés en nette difficulté face au changement climatique.
Barbut a précisé que le budget actuel permet de financer le programme de l’ONF pour cette année, mais que la vraie bataille portera sur le financement de 2027, lorsque seront discutées les ressources nécessaires pour tenir l’ensemble des missions de l’opérateur public.
La ministre a situé la controverse dans le calendrier législatif : des arbitrages budgétaires auront lieu à l’Assemblée nationale à partir de septembre, au moment où l’État négocie le prochain contrat pluriannuel avec l’Office pour la période 2026-2030.
Les menaces pesant sur les forêts françaises sont multiples et cumulatives. Selon Barbut, l’appauvrissement des sols, la montée d’espèces invasives et l’alternance d’inondations et de sécheresses détériorent la résilience des massifs. Résultat : de nombreux massifs montrent des signes de fragilité et de dépérissement.
Face à ces défis, l’ONF expérimente des réponses techniques : introduction de nouvelles essences mieux adaptées, ajustements des méthodes d’exploitation et pratiques sylvicoles révisées pour favoriser la régénération et limiter les risques sanitaires.
- Principaux facteurs de stress : appauvrissement des sols, espèces invasives, épisodes climatiques extrêmes (sécheresse, excès d’eau).
- Actions testées : diversification des essences, modifications des techniques de coupe, renforcement de la prévention incendie.
- Ressources en jeu : négociations budgétaires 2027–2028 et renouvellement du contrat État–ONF pour 2026–2030.
Chargé de la gestion de près de 11 millions d’hectares de forêts publiques, l’Office a vu son personnel diminuer fortement au cours des deux dernières décennies : les effectifs sont passés d’environ 12 800 en 2000 à moins de 8 000 en 2022. Cette érosion des moyens humains coïncide avec l’élargissement des missions — prévention et lutte contre les incendies, adaptation au climat, gestion écologique — ce qui inquiète les syndicats confrontés au risque de nouvelles suppressions de postes.
Prendre la mesure du changement à court et moyen terme
Au-delà des forêts, la ministre s’est aussi exprimée sur la montée des vagues de chaleur. Elle a jugé la France « prête » pour la prochaine alerte météo, citant la coordination des services de sécurité civile et des établissements sociaux et médico-sociaux, mais a insisté sur la nécessité de mesures structurelles pour l’avenir.
Parmi les pistes évoquées : repenser l’organisation des activités quotidiennes (par exemple le calendrier des examens), développer des politiques locales de rafraîchissement urbain et multiplier les programmes d’adaptation en coopération avec les collectivités.
Ces choix auront des conséquences concrètes pour les citoyens : protection accrue contre les incendies, maintien des services publics pendant les épisodes extrêmes, et préservation des fonctions écologiques des forêts (régulation de l’eau, puits de carbone, biodiversité).
La ministre a assuré que des « programmes d’action » commençaient à être mis en place, souvent en partenariat avec les collectivités locales, mais a répété que leur efficacité dépendrait en grande partie des crédits qui seront votés à la rentrée.
Avec AFP
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