Un train de nuit entre Paris et Berlin est reparti sur les rails jeudi soir, relançant une offre internationale longtemps disparue et proposant une alternative concrète à l’avion pour les voyages transfrontaliers. Ce retour marque surtout la volonté d’acteurs privés de recréer des liaisons nocturnes sans aide publique — une évolution qui peut peser sur les choix de déplacement et la carte du transport ferroviaire européen.
La compagnie European Sleeper, qui a mis en vente ses billets ces derniers mois, affirme avoir écoulé un volume important de places avant même le départ. À Paris, ce premier convoi a rassemblé élus, représentants de l’opérateur et passagers — gestes symboliques d’une reprise d’un service abandonné fin 2025 par les opérateurs ferroviaires publics français et allemands.
Un lancement sans subvention et du matériel loué
Pour démarrer rapidement, European Sleeper a recours à du matériel affrété : des locomotives Alstom mises à disposition par Railpool et des voitures louées auprès d’un groupe allemand. L’opération, conduite « en quelques mois », a été saluée par des responsables politiques venus assister au premier voyage, qui ont souligné l’importance d’initiatives capables de renouveler l’offre de nuit.
Cet itinéraire évite Strasbourg et passe par Bruxelles, un choix stratégique selon l’opérateur pour améliorer la rentabilité en capitalisant sur une relation déjà exploitée entre la Belgique et l’Allemagne.
Qui voyage et pourquoi ?
Parmi les passagers, les motivations varient. Certains évoquent un choix écologique, préférant le train à l’avion pour réduire leur empreinte carbone ; d’autres cherchent la praticité — moins de stress en aéroport, la possibilité d’emporter plus de bagages sans taxes supplémentaires. Pour tous, l’attrait du voyage de nuit tient aussi à la perspective d’économiser une nuit d’hôtel.
- Principales explications : confort, coût et bilan environnemental.
- Jours de circulation : France → Allemagne les mardis, jeudis et dimanches ; Allemagne → France les lundis, mercredis et vendredis.
- Arrêts initiaux : Aulnoye, Bruxelles puis Berlin à l’arrivée ; à terme, haltes prévues à Mons, Liège et Hambourg.
- Matériel : locomotives Alstom via Railpool, voitures affrétées auprès d’un fournisseur allemand.
Le contraste entre voyageurs est frappant : familles ou amis choisissant le train pour ses arguments écologiques, étudiants privilégiant la flexibilité pour ramener des achats volumineux, ou travailleurs utilisant les nuits pour optimiser leur agenda professionnel.
Tarifs, fréquence et accessibilité
European Sleeper a communiqué des prix d’appel raisonnés en basse saison : des billets assis à partir de 39,99 € et des couchettes autour de 59,99 €. En période de forte demande comme les fêtes ou Pâques, le tarif le plus bas pour une place assise en compartiment collectif se situe près de 59,90 €, selon le système de réservation.
La fréquence est calibrée pour tester la demande : trois départs hebdomadaires dans chaque sens, avec la possibilité d’ajuster si la fréquentation augmente.
Pour les voyageurs, l’atout se lit aussi en termes pratiques : déplacement nocturne, réduction du temps perdu en journée, et, potentiellement, un budget voyage inférieur grâce à l’absence d’une nuit d’hôtel.
Conséquences pour le réseau ferroviaire
Le retour de cette liaison s’inscrit dans un mouvement plus large : la réouverture progressive de services nocturnes et l’arrivée d’opérateurs privés sur des trajets internationaux. Les gestionnaires d’infrastructures estiment que la concurrence et la diversité d’offres devraient se renforcer dans les années qui viennent.
Selon des responsables du réseau, l’essor de nouveaux opérateurs pourrait se traduire par une augmentation du trafic voyageurs et une plus grande offre de liaisons, y compris au départ des régions, et pas uniquement depuis Paris.
Pour les usagers, l’enjeu est concret : plus d’options pour voyages longue distance, possibilités d’économies et alternatives aux vols intérieurs ou courts-courriers. Pour le secteur ferroviaire, c’est l’occasion de repenser l’usage des sillons nocturnes et d’attirer des clientèles diversifiées — touristes comme professionnels.
Avec AFP.
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