Rihanna a bousculé les codes de la première journée de la Fashion Week parisienne en s’installant au premier rang du défilé de la marque émergente Matières Fécales, lundi 28 septembre. Au-delà du buzz provoqué par le nom de la maison, sa présence souligne l’envol d’un label qui questionne la place de la diversité et les méthodes de l’industrie.
Arrivée avec un léger retard, la star internationale a assisté au spectacle monté place de la République, attirant l’attention des médias et des réseaux sociaux sur une maison encore peu connue du grand public mais déjà remarquée parmi les professionnels.
Un show en plein cœur d’un lieu symbolique
Les fondateurs, la Canadienne Hannah Rose Dalton et Steven Raj Bhaskaran, ont choisi un emplacement inédit pour leur présentation : l’esplanade dominée par la statue de Léopold Morice. Selon le cofondateur, cité par le magazine Numéro, le choix de la place — souvent associée aux rassemblements et aux débats citoyens — répondait à une volonté de « connexion politique » avec le public.

Le défilé, d’une trentaine de minutes, a été structuré en trois séquences intitulées « Family », « Tribe » et « Gods ». Les créateurs ont programmé 99 looks portés exclusivement par des mannequins non-blancs, une décision revendiquée comme réponse aux codes ethniques et esthétiques dominants du milieu.
| Élément | Détail |
|---|---|
| Maison | Matières Fécales — fondée en 2014 (H. R. Dalton & S. R. Bhaskaran) |
| Lieu | Place de la République, Paris (autour de la statue de Léopold Morice) |
| Date | Lundi 28 septembre — Fashion Week |
| Concept du show | Trois actes (« Family », « Tribe », « Gods ») — 99 silhouettes par des mannequins non-blancs |
| Public | Environ 500 invités ; présence remarquée de Rihanna |
Réactions et image publique
Le nom de la marque a suscité un mélange de stupéfaction, d’humour et de critiques sur les réseaux : certains internautes ont interrogé le choix lexical, d’autres y voient une provocation assumée visant à pointer les « angles morts » de la mode — exclusion, greenwashing, hiérarchies sociales.
Dans les coulisses, la maison capitalise sur cette ambivalence. Après son entrée au calendrier officiel de la Fashion Week en mars 2025, la marque s’est attiré des soutiens influents ; des figures établies du milieu lui ont exprimé leur intérêt, tandis que des célébrités ont déjà porté ses créations lors d’événements internationaux.
La réputation de Matières Fécales repose aussi sur une esthétique volontairement dérangeante : robes architecturales en matières aériennes, blazers à épaulettes acérées et pièces qui brouillent la frontière entre confrontation artistique et couture. Les créateurs soignent, depuis leurs débuts, une image qui mêle étrangeté et iconographie underground — apparitions rasées, maquillages contrastés —, un registre qui les avait déjà fait remarquer pour une paire de bottes hyperréalistes montrée en 2018.
Qui soutient la marque ?
- Personnalités publiques : plusieurs artistes et actrices ont été photographiées en pièces de la maison lors de grandes cérémonies internationales.
- Professionnels de la mode : voix influentes du milieu ont salué l’audace conceptuelle et l’intégration au calendrier officiel.
- Médias et réseaux sociaux : couverture importante, mêlée de louanges et de moqueries autour du nom.
La visibilité apportée par la venue d’une star comme Rihanna a un effet double : elle propulse la marque dans l’espace mainstream tout en relançant le débat sur les stratégies de communication provocatrices dans la mode.

Pourquoi cela compte aujourd’hui ?
La réussite rapide de ce label interroge la manière dont l’industrie absorbe et redéfinit la provocation. En choisissant la place de la République et en programmant un casting non-conforme aux standards habituels, Matières Fécales met en lumière des enjeux contemporains : représentation, appropriation, responsabilité environnementale et rôle social des créateurs.
Pour Paris Fashion Week, l’apparition de maisons qui bousculent les codes est un signe que la scène se transforme — pas seulement esthétiquement, mais aussi dans ses priorités et son discours public.
Rihanna, par sa présence, n’a fait que souligner l’attrait croissant pour ces nouvelles voix ; reste à voir si cette notoriété se traduira par un changement durable au sein des circuits commerciaux et éditoriaux de la mode.
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