Une étude publiée lundi par la Fondation Jean‑Jaurès et l’association QuotaClimat accuse la chaîne CNews de présenter un traitement partial des questions environnementales et demande au régulateur, l’Arcom, de la mettre en demeure. À quelques mois de l’élection présidentielle, le signalement soulève des enjeux concrets sur la représentativité des débats climatiques à l’antenne.
Ce que révèle l’analyse
Les chercheurs ont passé au crible près de soixante‑dix heures d’antenne diffusées en juillet 2025 sur les quatre chaînes d’information en continu — CNews, BFMTV, LCI et franceinfo — et en tirent des constats chiffrés sur la place et la qualité du traitement médiatique du climat.

- Part du temps d’antenne dédiée à l’environnement : 2 % sur CNews contre une moyenne de 3,4 % pour les quatre chaînes.
- Sujets controversés : 69 % des longues séquences consacrées à l’environnement sur CNews incluent au moins une question sujette à controverse (ex. place des renouvelables).
- Cas de désinformation climatique : 63 cas relevés sur CNews, soit 64 % des 98 occurrences identifiées au total.
- Absence de voix critiques : les auteurs notent qu’aucun point de vue défavorable à la loi dite Duplomb (visant à assouplir l’usage de certains insecticides) n’a été diffusé sur la période étudiée.
Les demandes adressées à l’Arcom
La Fondation Jean‑Jaurès et QuotaClimat estiment que, par une « éditorialisation » du sujet et un traitement « non scientifique », CNews transforme l’environnement en enjeu partisan. Elles demandent au régulateur une mise en demeure pour manquement à l’exigence de pluralisme, de rigueur et d’« honnêteté de l’information ».
À la lecture du rapport, les auteurs insistent sur le risque d’une information déséquilibrée à l’approche d’une campagne électorale où les questions climatiques sont susceptibles d’influencer l’agenda public.
La riposte de la chaîne
CNews a contesté l’étude, jugeant son périmètre et sa méthodologie « discutables » et rappelant son attachement — selon elle — à la liberté éditoriale et au pluralisme. La chaîne a souligné que le respect du pluralisme ne se réduit pas à une simple répartition mécanique des temps de parole.
Contexte : antécédents et régulation
L’affaire s’inscrit dans un historique de critiques et de rappels à l’ordre concernant CNews. En juin dernier, après une saisine de Reporters sans frontières, l’Arcom avait invité la chaîne à mieux diversifier les opinions sur des sujets sensibles (sécurité, conflit en Ukraine, immigration, islam).

En 2024, l’autorité avait déjà sanctionné la chaîne : CNews avait été condamnée à une amende de 20 000 euros pour des propos non contestés à l’antenne niant l’influence humaine sur le réchauffement climatique, sanction demandée à la suite d’un signalement de QuotaClimat.
Les analyses pointent par ailleurs la proximité éditoriale avec le groupe du milliardaire Vincent Bolloré, propriétaire du média, un élément régulièrement cité dans les débats sur l’indépendance des rédactions.
Pourquoi cela importe aujourd’hui
Le débat dépasse l’examen technique : il porte sur la façon dont les citoyens reçoivent une information cruciale pour les décisions publiques et électorales. Un déséquilibre dans la couverture peut influer sur la perception du risque climatique et sur les choix politiques.
La réaction de l’Arcom à la demande de mise en demeure et l’évolution du dossier seront suivies de près : elles pourraient définir des repères sur les obligations de pluralisme et de vérification des faits applicables aux chaînes en continu.
AFP
Articles similaires
- Carmaux marché: nouveaux commerçants et horaires, ce qui change pour vos courses
- Cessez-le-feu: hommages et tensions lors des cérémonies aujourd’hui
- Armistice 11 novembre : où suivre les cérémonies et hommages
- Adaptation climatique : la fondation logement saisit la justice contre l’État
- Carmaux rentrée: écoles opérationnelles, parents soulagés










